EXPOSITION. Liens croisés entre Romain Ganer et Jean-Claude K-Bo
La sculpture de K-Bo et la peinture de Ganer s’observent et se laissent observer. Les deux hommes se connaissent bien depuis longtemps. « Ce qui nous lie, témoigne Romain, c’est l’art, le boulot… »
Romain Ganer a choisi de présenter une vingtaine d’œuvres. Des portraits sur carton inspirés des masques Punu. « Ce sont des masques tout blanc du Nigéria, mais on les prend facilement pour des masques japonais, explique le Marie-Galantais. Je reproduis la façon d’implanter les cheveux et les regards dans ces masques. » Dans ses portraits sur bois, il exprime un travail sur le phénomène de diaspora (au sens générique) avec un symbolique forte exprimée par la présence d’objets insolites (corde, brosse de pont, montre…). C’est une « œuvre-témoin » des cultures oubliées.
A cet art répond l’expressionnisme du sculpteur qui, par ses majestueux et terrifiants totems, donne une résonance à ces mémoires oubliées. Le fils du charron de Viard à Sainte-Rose est né dans les copeaux, il a toujours manié les matières. Ses oeuvres sont faites bois, de mousse expansive qu’il maroufle avec un mélange de terre, du câble électrique, et même des fiches bnc… Son travail pourrait être une déclinaison de la poésie de Daniel Maximin quand il écrit qu’il a fallu quatre continent pour faire la Caraïbe… « Oui, mais c’est plus dans la façon de remonter le fleuve, corrige le sculpteur, pour mieux accrocher les éléments, pour mieux les capter. »
L’exposition se prolonge jusqu’au 18 mai.

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