Le futur sergent Mickaël Loristin pose devant un CASA, un avion transporteur de troupe, sur la base 367 à Matoury. Dès lundi, il abandonnera sa tenue civile pour un uniforme de l'armée de I'air. (ASM)
Mickaël Loristin décollera dimanche pour l'école militaire de Rochefort. À 19 ans, il est le premier Guyanais élève sous-officier dans l'armée de l'air depuis sept ans.
C'est un petit événement qui s'est déroulé hier matin sur la base aérienne 367 à Matoury. Mickaël Loristin, jeune Cayennais de 19 ans, y a signé son engagement en tant qu'élève sous-officier dans l'armée de l'air. Un petit événement car il est le premier Guyanais à signer un tel contrat depuis 2007. Le jeune homme s'envolera dimanche pour l'hexagone où il intégrera l'école militaire de Rochefort, en Charente-Maritime, dès lundi. Il y apprendra le métier de spécialiste communication navigation surveillance, un métier qu'il résume ainsi : « C'est les radars! »
Pour le jeune du lotissement Ploërmel, l'aventure a commencé en novembre 2013 lors des journées de l'emploi et sa rencontre avec le sergent-chef recruteur Dupuis. Avec un bac STI en poche, un court passage au RSMA de Cayenne et un échec au test d'entrée dans l'armée de terre, Mickaël n'a pas été long à convaincre.
DES TESTS RÉUSSIS AVEC BRIO
« J'ai toujours été attiré par l'action et les armes, confie le jeune homme. Intégrer l'armée, c'était un but. Après mon échec pour entrer dans l'armée de terre, je me suis tourné vers l'armée de l'air car il y a plus de métiers qui correspondent à ma formation. Et là, j'ai mieux préparé mes tests d'entrée. » Des tests qu'il a réussis avec brio après avoir convaincu son père. « Au départ, il n était pas d'accord, il voulait qu'on s'associe pour ouvrir une entreprise dans le bâtiment. Vu la situation économique, je trouvais que c'était trop risqué. »
DES RÊVES DE PILOTE
S'il veut faire carrière dans l'armée, le futur sergent Loristin affiche des ambitions modestes : « Mon objectif, c'est de devenir adjudant. » Un bon grade chez les sous-officiers, mais pourquoi pas devenir officier ? « Je ne veux être ni trop petit, ni trop grand » , répond simplement le jeune homme. Et pourtant, ses rêves, eux, sont plus ambitieux. « C'aurait été super de piloter, mais ce n'est pas ma spécialité. Et puis on m'a dit que je n'avais pas la vue assez bonne. »
Pour le colonel Besse, commandant de la base aérienne 367, pas question de renoncer aussi facilement à ce rêve. Il l'encourage donc à tenter rapidement le concours en interne. « On peut vivre avec un échec, pas avec des regrets » , lance l'officier qui, lui aussi, avait intégré l'armée de l'air en tant qu'élève sous-officier. Mickaël promet d'y penser sérieusement dès son arrivée dans l'hexagone. Là-bas, après un an de formation technique et militaire, il sera affecté comme sergent sur une base métropolitaine. Trois ans plus tard, il pourra demander une affectation à Matoury s'il souhaite revenir en Guyane. Mais il a déjà autre chose en tête. Partir sur des théâtres d'opération ? À cette évocation, le sourire radieux du jeune homme suffit comme réponse. C'est évidemment : « Oui! »
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