Les petites mains de la Ressourcerie
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Les petites mains de la Ressourcerie

Karin SCHERHAG
A gauche, « Machine » et son hamac en Jean : une idée originale pour recycler les kilos de jeans que reçoit l'association. À droite, Marie-Michelle trie minutieusement tous les vêtements qui arrivent à la Ressourcerie (KS)
A gauche, « Machine » et son hamac en Jean : une idée originale pour recycler les kilos de jeans que reçoit l'association. À droite, Marie-Michelle trie minutieusement tous les vêtements qui arrivent à la Ressourcerie (KS)

Samedi, à Cayenne, la Ressourcerie Ne plus jeter fêtait ses dix ans d'existence dans une ambiance joyeuse. L'occasion de se glisser en coulisses et d'aller à la rencontre de ces bénévoles de l'ombre, si précieux à l'association.

Nous y avons d'abord croisé Marie-Christine Levaillant, la couturière qui met très vite tout le monde à l'aise. « On m'appelle « Machine » (prononcez Maquine) depuis ma naissance. Personne ne m'appelle Marie-Christine, c'est trop sérieux » , sourit-elle. Va pour « Machine » alors! « Une bénévole en or massif » , dit d'elle Romain Saussereau, le responsable de la Ressourcerie. Et pour cause : la dame est là tous les jours, de 8 heures à midi. « C'est ça ou faire le ménage à la maison » , plaisante-t-elle. La vérité, c'est que cette Normande débarquée en Guyane en octobre pour suivre son mari enseignant, est une femme dynamique, investie. « J'ai géré plusieurs associations : Esat, banque alimentaire, mission locale, énumère-t-elle. Je ne peux pas rester sans rien faire. Et ce que je voulais surtout, c'est avoir des relations avec les gens d'ici, savoir comment ils vivaient. Il n'y a que comme ça qu'on peut connaître la Guyane. » À la Ressourcerie qu'elle a intégrée dès son arrivée, la couturière a immédiatement trouvé sa place. « J'ai été brocanteur pendant quelques années. Et je cousais déjà beaucoup. » Romain Saussereau, lui, cherchait la perle rare pour occuper un poste laissé vacant. L'alchimie ne pouvait que se faire. « Machine » ne manque pas de projets pour l'association. Elle vient même de concevoir un hamac pour le moins original. « On reçoit énormément de jeans mais on en vend peu car la mode change beaucoup. Je me suis demandé ce qu'on pouvait en faire et c'est mon fils qui m'a soufflé l'idée. C'est vrai que cette toile est particulièrement résistante. » À tester en tout cas. Marie-Christine repart à sa machine à coudre. Du travail l'attend.
Et nous devons retrouver la timide Marie-Michelle Leconte. Cette autre bénévole est affectée au tri depuis deux ans.
Elle a découvert l'association en venant acheter des vêtements pour ses enfants. « Je ne travaille pas, je n'ai pas beaucoup d'argent et ici, je peux acheter ce dont j'ai besoin à petit prix » , explique-t-elle. Et puis elle est restée. « J'ai tout de suite eu envie d'être bénévole dans l'association. Avant, je venais trois fois par semaine mais avec cinq enfants à la maison, je n'ai plus beaucoup de temps. » Marie-Michelle vient donc désormais le samedi matin. Une mécanique bien rodée. « On a beaucoup de travail au tri » , dit-elle en montrant les piles de vêtements qui s'entassent. Les bons seront vendus en boutique. D'autres, à des associations caritatives. Les pièces en mauvais état finiront en ballot de torchons. Pas de perte. C'est cela aussi, la magie de la Ressourcerie.

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