Le cercueil de Paul Doudou est déposé dans son caveau, au cimetière de Boniville (PB)
Le Gran Man Paul Doudou a été enterré samedi matin, à Papaïchton. Le capitaine Balbin Balbina, chef coutumier d'Assissi, a été désigné pour assurer l'intérim jusqu'à la désignation de son successeur.
Le Gran Man Paul Doudou a rejoint ses illustres prédécesseurs. Samedi midi, il a été enterré au cimetière près de Boniville, à côté des Gran Man Difou et Tolinga. Des milliers d'habitants des deux rives du fleuve ont assisté aux obsèques. Le terme de quinze jours de festivités.
Le corps du Gran Man revient le 8 novembre, à Papaïchton, huit jours après le décès de Paul Doudou, 83 ans, à Cayenne. Les danses traditionnelles se succèdent devant le cercueil, installé sous le carbet mortuaire. Chaque jour, le corps est plongé dans un bain de plantes. Les deux premiers jours, des hommes « fabriquent » le cercueil : ils construisent les bancs sur lequel est posé le cercueil qui, lui, était arrivé de Cayenne avec la dépouille du Gran Man. D'autres creusent la fosse où sera enterré Paul Doudou, au cimetière de Boniville. Chacun de leur retour du cimetière est ponctué de danses.
Mardi, les choses s'accélèrent. De nombreuses personnalités arrivent, du littoral ou du Suriname. Le gouvernement de Paramaribo envoie l'un de ses ministres, qui ne restera pas pour les obsèques. Certains chefs coutumiers du Suriname viennent de loin, parfois du pays saramaka. Les capitaines d'Apatou - le fondateur de la commune, Joseph Apatou, était un Boni - arrivent à leur tour.
ÉLUS ET AUTORITÉS SONT LÀ
Vendredi, les élus et autorités guyanaises rejoignent Papaïchton. Le conseiller général chargé des affaires coutumières Fabien Canavy et le président de Région Rodolphe Alexandre sont les premiers. Samedi, le président du Département Alain Tien-Liong et le maire de Saint-Laurent Léon Bertrand font le trajet dans le même hélicoptère. Le préfet Éric Spitz, le sénateur Antoine Karam, la députée Chantal Berthelot, le directeur du Parc amazonien Gilles Kleitz descendent d'un des avions affrétés par Air Guyane.
À 9 heures, la plupart se retrouvent pour un petit-déjeuner sous le carbet mortuaire. Suivent les discours, lancés par Achimili Boussoussa, capitaine du bourg de Papaïchton, puis Jules Deie, le maire. Les messages de condoléances se succèdent. Le cercueil est hissé sur une pirogue. Direction Boniville. Devant chaque village, un coup de fusil est tiré. Le corps de Paul Doudou est alors déposé dans son caveau. Ceux qui ont amené le cercueil repartent les premiers. Ceux qui sont arrivés les premiers repartent en dernier.
Dimanche, les dons apportés par les participants aux cérémonies sont distribués aux habitants de Papaïchton. Les chefs coutumiers, qui ont multiplié les réunions à huis clos depuis le décès, se retrouvent. Balbin Balbina, capitaine d'Assissi, assurera l'intérim jusqu'à la désignation du prochain Gran Man, sans doute dans un an. Sa première tâche, avec ses collègues, sera de fixer la date du bokodé (fête de huitaine). Il devrait se dérouler début décembre.
Le Gran Man Paul Doudou, à la fin des années 1980 ou au début des années 1990 (photo d'archives)
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Danse traditionnelle, samedi matin devant le carbet mortuaire. (PB)
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De nombreux chefs coutumiers du Suriname sont venus à Papaïchton. (PB)
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La tombe du Gran Man Paul Doudou, au cimetière de Boniville. (PB)
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