VIDEO - Richard Birman: Monsieur zouk love revient seul !
Ses fans piaffaient d'impatience et on les comprend. Voilà plus de 15 ans que Richard Birman ne s'était pas produit seul en scène. Il leur avait donné rendez-vous le 20 avril, au Palais des Sports du Gosier.
"La vi à bèl" est un morceau aussi doux qu'une caresse, aussi léger qu'une déclaration d'amour aux sonorités souk. Comment pourrait-il en être autrement puisqu'il s'agit du dernier single de Richard Birman. Un titre annonciateur d'un CD " Créole Avenue " dont la sortie est programmée au cours du second semestre 2024. Et surtout, que les inconditionnels se rassurent, c'est bien un album dans la droite ligne du style r'n'b.
" Il s'impose dans la continuité et dans la conviction profonde de ma musique pour affirmer mon souk et bien plus encore. " Dans ce nouvel album, l'artiste estime avoir donné une nouvelle touche à sa musique pour la bonifier. " L'association de mon expérience et de mon regard sur le monde font inévitablement évoluer mon approche musicale. Avec les années, l'on sait mieux dans quelle direction aller pour bonifier son art. Aujourd'hui, 30 ans plus tard, j'estime que je maîtrise ma musique et j'y vais à fonds ".
Une envie de retour
Le 20 avril au Palais des Sports du Gosier, l'artiste est revenu seul sur scène. " Le plus important pour moi, c'est de surprendre. Si je dis tout, il n'y aura plus de surprises ".
Impossible donc de savoir si l'artiste a programmé des nouveautés, de grands standards, ou les succès de ses débuts. Ce que l'on sait en revanche, c'est que le dernier concert de Richard Birman remonte à une époque où le centre des Arts de Pointe-à-Pitre était encore en activité.
Certes, il y a une dizaine d'années, il est apparu sur scène, mais dans sa version show et sinon en 2023 avec Alex Catherine pour un concert de Real Limit. " J'avais vraiment envie de remonter sur scène. C'est d'ailleurs le concert qui est à l'origine du CD et non l'inverse. " Un événement pour fixer ses 30 ans, non pas de carrière, mais de tubes. Prétentieux serait-on tenté de penser, nullement dans l'esprit du chanteur. " Pendant toutes ces années, j'ai interprété de nombreux titres qui ont donné du bonheur aux gens et c'est le plus important à mes yeux. Offrir de la joie à ceux qui partagent cette musique avec moi est ma seule ambition. " Avec ses fans, ils forment une communauté, plus encore, une famille. " Il existe un groupe qui se nommait Birman Fan Zone qui attendait que j'organise un événement pour nous réunir, nous le peuple souk. Je ne voulais pas attendre plus longtemps pour leur donner la fierté d'être fan de cette musique. Dispersé, on se sent moins fort, on ne sait pas ce que pense l'autre, mais ensemble, on se sent invincible et sûre de ses choix ". Tout en insistant sur l'idée que si cette musique appartient à tous, il en a fait sienne.
La fan zone très active
Ce concert apparaissait comme un des événements majeurs de cette année pour le zouk et pour tous les guadeloupéens qui veulent continuer à lui donner un rayonnement sublime à travers le monde.
Et tous se préparent de diverses manières, notamment en imprimant des tee-shirts pour immortaliser ce moment. " Quand je croise les gens dans la rue, ils ont un grand sourire. Ils me disent qu'ils seront là, qu'ils ont déjà leur place. Et je sais déjà que cette proximité entre nous fera l'effet d'une bombe". Ce spectacle est le premier d'une série puisque la Martinique lui a réclamé un concert alors que le morceau est déjà N°1 sur l'île sœur. " La Guyane aussi m'a sollicité et Paris attend son événement. Toutefois, je vais éclairer les lecteurs sur ma manière de fonctionner. Je ne fais pas les choses pour briller, mais pour donner du plaisir. Je commence par la Guadeloupe, mon île et j'observe comment ça fonctionne Je me laisse du temps pour prendre du recul et retravailler certains points si c'est nécessaire. C'est pourquoi l'idée d'organiser une tournée ne m'intéresse pas, c'est trop programmée et impersonnelle. Je ne veux surtout pas être soumis aux dictats des dates. Je veux rester crédible face à mon public. Je ne me vante jamais sur ce que j'ai déjà fait. Je préfère me concentrer sur ce qu'il me reste à faire ".
" On joue par amour "
Sur scène, l'artiste était entouré de ses musiciens. " Je les connais depuis des années, ils ne sont donc pas là par hasard. Ils partagent ma vie artistique et la plupart me connaissent très bien. Et c'est le but recherché, car je voulais mettre en avant notre lien d'amitié et de fraternité. Notre histoire s'est construite autour de cette musique. Il y a d'autres artistes talentueux, mais qui n'aiment pas le souk. Ceux qui jouent avec moi n'ont de cesse sur scène de valoriser notre travail, par leur jeu, leur joie et leur passion. Une amitié pleine et entière, en toute complicité entre " frangins " ".
Aussi, depuis un an, ils se préparaient tranquillement à entrer sur scène et à mettre encore une fois le zouk à l'honneur. Cette musique qui évolue avec le renouveau des générations, parfois même de façon surprenante. " Je ne me place ni en censeur ni en donneur de leçon, c'est juste une évolution. Le zouk a perdu un peu d'authenticité avec le temps, mais il y a toujours la volonté de bien faire et c'est l'essentiel. D'ailleurs, c'est bien à nous les zoukeurs de proposer une variété de styles. J'entends régulièrement des morceaux qui sortent de l'ordinaire. Ce n'est pas du zouk traditionnel, mais je suis séduit. Il y a de la place pour tout le monde pour que chacun d'ici quelques années fête ses 30 ans de tubes ".
Monsieur zouk love revient seul
Richard Birman va fêter ses 56 ans. C'est en 1993 qu'il sort son premier album, puis un second en 96. À cette même époque, un autre chanteur talentueux sévit, c'est Alex Catherine. Les deux hommes se partagent la scène et la notoriété à tel point qu'un jour, ils décident de chanter ensemble. Deux personnages au caractère opposé, mais talentueux et amoureux du zouk. Ensemble, ils hypnotisent les salles jusqu'à sortir un titre commun : Famn. Real Limit vient de naître et leur premier album commun est distribué en 98. Depuis, rien n'a vraiment changé. Les deux artistes ont gardé leur personnalité : Richard plus local, Alex plus ouvert sur l'extérieur, mais tous les deux fortement Guadeloupéens. En 2001, c'est la scission, les deux hommes décident de ne plus travailler ensemble. Richard fait le tour de la Guadeloupe, Alex le tour du monde. " Je suis bien chez moi, je n'ai pas envie d'être ailleurs, c'est exactement ce que je dis dans ma musique. Je dis aussi que je suis fier de travailler pour mon pays. "

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