Christiane Taubira a rencontré les étudiants grévistes hier midi. D'autres rencontres ne sont pas à exclure dans les prochains jours (ASM)
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Des membres de l'intersyndicale et du collectif étudiant ont rencontré la ministre de la Justice hier à Cayenne.
Arrivée jeudi en Guyane pour un séjour privé, Christiane Taubira se doutait bien qu'elle serait interpellée par l'intersyndicale et le collectif étudiant sur la crise au Pôle universitaire guyanais. Cela n'a pas tardé puisqu'hier matin, alors qu'une vingtaine d'étudiants occupaient le hall de la préfecture à Cayenne, une délégation de l'intersyndicale rencontrait la ministre dans son ancienne permanence parlementaire de la rue Schoelcher. « On a discuté des points difficiles. On va voir, le temps que je suis là, si on peut avancer » , confiait la garde des Sceaux à l'issue de la rencontre.
Vers 13 heures, après avoir quitté l'hôtel préfectoral, les étudiants se rendaient à leur tour chez madame Taubira, où une petite délégation de trois personnes était autorisée à entrer. Une demi-heure plus tard, la ministre sortait de la bâtisse pour aller directement à la rencontre des étudiants grévistes, prévenant qu'elle ne pouvait se substituer à sa collègue Geneviève Fioraso dans ce dossier. Néanmoins, après des échanges très détendus, c'est dans une attitude quasi religieuse que les jeunes ont accueilli ses conseils. « On ne construit pas son bonheur sur le malheur des autres » , lançait la ministre, pour qui la construction d'une université guyanaise ne doit pas se faire aux dépens des étudiants antillais. « Battez-vous pour vous, ne vous battez pas contre eux » , leur intimait-elle.
Ces rencontres avec la ministre semblaient avoir reboosté étudiants et syndicalistes, tout en les recadrant sur la justesse de leur combat. Un peu comme si la ministre leur avait dit : « Je vous soutiens, mais donnez aussi des signes de bonne volonté. » Pour preuve, le changement de ton de l'intersyndicale concernant la nomination d'Anne Corval comme administratrice provisoire. Jeudi soir, il était proche de « on n'en veut pas » . Hier midi, c'était plutôt « ça ne nous satisfait pas totalement mais nous sommes prêts à travailler avec elle » . Le combat des grévistes ne s'arrête pas pour autant. Une réunion avait lieu hier soir pour former un « front uni » regroupant les grévistes et d'autres forces vives telles que les centrales syndicales. Une nouvelle manifestation est aussi envisagée pour jeudi prochain.
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