Ulrich Robeiri a remporté dimanche le titre de champion du monde à l'épée, à Kazan en Russie. Son premier titre individuel après avoir accumulé les médailles d'or par équipe (cinq fois champion du monde, une fois champion olympique en 2008 à Pékin). Hier, à peine remis de ses émotions, il a accepté de nous livrer ses premières impressions. Ulrich Robeiri, champion du monde. Ça fait quel effet ?
Je ne réalise pas totalement! Hier [dimanche], j'ai vécu une journée exceptionnelle. Je courais après ce titre depuis longtemps et j'ai du mal à réaliser. Mais ce n'est pas grave, car le tournoi par équipe commence demain [aujourd'hui] et nous [les épéistes français] sommes toujours très attendus. Il ne faut pas tomber dans la facilité, ne pas se déconcentrer. Avez-vous quand même pris un peu de temps pour fêter votre victoire ?
Pas vraiment, très peu. La compétition continue, donc je n'ai pas le temps pour ça. Aujourd'hui, j'ai pris un peu de repos, nous sommes allés voir les sabreuses de l'équipe de France [médaillées d'argent] et puis nous sommes repartis à l'entraînement. Quelle sensation procure une médaille d'or individuelle ?
C'est différent... Par équipe, nous sommes en groupe, on échange avec les autres tireurs pendant la compétition, on est parfois réduit au rôle de spectateur. On est la force collective d'un pays. Ce n'est pas pareil. Une victoire en individuel, c'est la reconnaissance. C'est formidable. La presse sportive a qualifié votre victoire de revanche, de consécration. Vous approuvez ?
Ce n'est pas une revanche. Ni une consécration. Ce n'est pas la fin de ma carrière! Il peut se passer encore des choses. J'ai envie de confirmer. Je dois encore atteindre le niveau de régularité de certains sportifs. Mais je me sentais capable de le faire. Pensez-vous déjà aux Jeux olympiques de Rio, en 2016 ?
On n'en est pas là! Il va déjà falloir se qualifier, gagner sa place en équipe de France. À chaque fois, on recommence, il faut se battre année après année. Même si on est champion du monde. Avez-vous eu une pensée pour la Guyane ?
Oui, et j'en profite pour saluer tous les membres de la ligue d'escrime de Guyane. La présidente m'a d'ailleurs appelé pour me féliciter. Elle m'a aussi parlé des difficultés à faire venir des enseignants en Guyane. C'est dommage, car c'est un sport qui plaît aux enfants en général. Il faut continuer et persister. C'est comme ça que j'ai débuté.
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