Sylvain Lemki : « Plusieurs fois j'ai voulu partir »
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FOOTBALL

Sylvain Lemki : « Plusieurs fois j'ai voulu partir »

MINOS
Sylvain Lemki évoque la régression de son club en PH (Minos)
Sylvain Lemki évoque la régression de son club en PH (Minos)

Le président de l'AJ Saint-Georges évoque les difficultés et perspectives de son club qui est redescendu en promotion d'honneur. Il avoue avoir souvent voulu jeter l'éponge.

Nous étions en juillet dernier, en pleine Coupe du monde, lorsque l'AJ Saint-Georges a disputé ses matches de barrage. Au décompte, une descente à l'étage inférieur - qui n'a pas fait pas grand bruit à l'époque - pour l'un des plus grands clubs de football de notre région. Saint-Georges c'est avant tout une histoire et de grands joueurs qui ont porté le maillot jaune et bleu.
Fournisseurs des plus grands gardiens de but par le passé, le club essaie de repartir vers de nouveaux horizons, de nouvelles ambitions. Sylvain Lemki le président du club tient bon, malgré une certaine lassitude. Il répond à nos questions.
L'AJ Saint-Georges est redescendue en promotion d'honneur dans la plus grande indifférence ?
C'est la loi du sport. Nous l'avons accepté et nous tentons de reconstruire le club de manière positive. Ce n'est pas facile, ni évident, mais avec du courage et de la volonté peut-être allons nous réussir.
À quoi attribuez-vous cette descente alors qu'en début de saison dernière vous étiez plutôt bien placé dans votre championnat d'honneur ?
C'est la loi du jeu. Nous avons loupé des rencontres alors que nous avions fait un début de saison positif. Les joueurs n'avaient peut être pas compris l'enjeu.
On ne peut pas jouer au football et faire du n'importe quoi. Les moindres erreurs se paient cash. C'est difficile mais nous avons accepté cette descente.
Il y a cinq ans que vous êtes remonté, et pour un club comme l'AJ Saint-Georges, cela peut-il être considéré comme un échec ?
Par un manque de maturité des joueurs. Nous avons évolué avec des jeunes qui manquaient d'expérience et nous avons tenté d'apporter celle des plus chevronnés. La mayonnaise n'a pas pris. Nous avons fait des erreurs et nous ne souhaitons pas les renouveler. Quelques fois c'est comme cela.
Comment un club aussi couvert de titres n'attire pas des joueurs plus « huppés » ?
Écoutez, les joueurs plus techniques veulent monnayer et nous ne sommes que des amateurs qui n'avons pas les moyens. Ce n'est pas possible. Donc nous formons et malheureusement, après, on vient nous les chercher. C'est le système que nous sommes bien obligés d'accepter.
L'AJ Saint-Georges attire toujours ?
Toujours, puisque nous avons des jeunes qui sont arrivés et qui se montrent motivés à restaurer le club. L'AJ Saint-Georges demeure toujours une histoire à écrire.
La nouvelle équipe de l'AJ Saint-Georges. (Minos)
La nouvelle équipe de l'AJ Saint-Georges. (Minos)
Le Red-Star, le Sport Guyanais, l'Olympique, l'AJ Saint-Georges... les grands clubs cayennais en promotion sont en veilleuse après avoir été les vitrines du football guyanais. Qu'en pensez-vous ?
Il faut voir les choses autrement. Quelque part les clubs de la capitale sont pénalisés et vous me donnez l'occasion de le dire. Nous avons des joueurs qui jouent le football en salle. Je ne suis pas contre mais cela tue le football à onze car les joueurs ont une double licence. Cela explique un peu notre descente. Certains préfèrent y aller et on a beau parler, on paie cash. On ne peut pas empêcher un joueur de faire ce qu'il a envie de faire. Ce n'est pas la même mentalité.
Vous pensez que la ligue doit agir ?
Elle doit prendre des dispositions. On en parle, mais rien n'est fait. Il faudra se pencher sur ces doubles licences qui, à terme, vont couler le football à onze. Le CSCC a su conserver ses joueurs mais il risque de prendre le même chemin que nous plus tard.
Depuis combien d'années présidez-vous le club ?
Cela fait plus de dix ans et ce n'est pas évident. Le jour où les anciens partiront, y aura-t-il une relève ? C'est un point d'interrogation.
Vous avez déjà eu envie de partir ?
Plusieurs fois, plusieurs fois. Et après, je me demandais « mais qui prendra le flambeau ? » L'AJ Saint-Georges a une histoire. On tient en espérant que d'autres viendront nous épauler. Si ce n'est pas le cas, le club pourrait mettre la clé sous la porte. Les anciens que je rencontre me demandent des nouvelles et c'est dommage qu'ils ne viennent pas. Ils n'ont pas envie de se faire rembarrer par les jeunes. On leur dit au contraire, on a besoin d'eux.
Pour la nouvelle saison ?
La promotion d'honneur n'est pas un cadeau, c'est dur, et nous prendrons les matchs l'un après l'autre. Nous essaierons de remonter mais nous ne sommes pas assez mûrs.
Le nouvel entraîneur, Steeve Falgarettes ?
François Mérille a été un bon formateur et entraîneur. Il y a peut-être eu un peu de lassitude... J'espère que l'on fera du bon boulot avec Falgarettes.

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