Prologue à la traversée de l'Atlantique
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Prologue à la traversée de l'Atlantique

Damien LANSADE
Avant le départ, Pascal Vaudé, en blanc à droite, explique le tracé du parcours (JA)
Avant le départ, Pascal Vaudé, en blanc à droite, explique le tracé du parcours (JA)

Dans la journée de samedi, l'association des Amis de Rames Guyane organisait une compétition sur le plan d'eau de Montsinéry. L'occasion, pour les participants guyanais de la course transatlantique à la rame entre Dakar et Cayenne, de se rencontrer et d'échanger autour d'un verre, entre deux coups de pagaies.

Devant le degrad de Montsinéry, les bateaux attendent, sur leur remorque, que la place soit libre pour la mise à l'eau. Les skippers se lancent quelques piques en attendant le début de la course. « Alors, tu vas donner ton premier coup de pagaie ? T'es sûr que tu es dans le bon sens ? »
Les rameurs doivent d'abord rejoindre le ponton du départ, à la base nautique de Montsinéry. Sous la pluie, Patrice Maciel boucle les derniers préparatifs pour son bateau, Marine et Loisirs. Un dernier coup de clé pour fixer le safran, à l'arrière, qui sert à la direction, et la dérive, à l'avant, pour ne pas subir les caprices du vent.
Patrice Maciel se lance dans sa première traversée de l'Atlantique mais son bateau, Marine et loisirs, en est déjà à sa troisième édition, dont une de gagnée, en 2012, avec Pascal Vaudé comme skipper.
UN PEU DE FOI ET DE VOLONTÉ
Patrice Maciel, grand bavard, avoue appréhender un peu la solitude en haute mer. Éducateur sportif pour la commune de Kourou, la traversée sera pour lui comme une revanche sur la vie. « Même un fils d'immigré brésilien comme moi, enfant des quartiers, peut arriver loin. Aussi loin que n'importe qui, si ce n'est plus. Tout ce qu'il faut c'est un peu de foi. Et de la volonté. »
Le début de la course est annoncé. Les candidats s'élancent vers la ligne de départ. Les conditions de marée ne sont pas idéales. La course a pris du retard et l'eau est plus basse que prévue. Dès le premier virage, Olivier Ducap, pourtant bien placé, s'échoue sur un banc de vase. Au retour, Patrice Maciel perdra également quelques places à cause du même banc de vase et terminera juste derrière Salomé Castillo, l'une des deux femmes participant à l'édition 2014 de Rames Guyane.
POUR LA GAGNE
Cariacouboto III vient de passer le premier la ligne d'arrivée. Son skipper, Harry Culas, participe pour la première fois à la course Rames Guyane. Pourtant, il est loin d'en être à son premier coup de rame. Harry pratique l'aviron depuis vingt-sept ans et a déjà remporté de nombreuses compétitions. C'est lui qui a monté le club d'aviron de Montsinéry. Sur eaux calmes, en terrain connu, l'étape d'aujourd'hui ne pouvait pas lui échapper. « Sur l'océan, tout sera différent » , concède Harry Culas. Pour l'instant, le skipper n'a fait qu'une seule sortie en mer sur Cariacouboto III. Une seule autre est prévue avant que le bateau ne soit convoyé vers Le Havre, le 13 juillet. Mais c'est pour gagner que Harry Culas a choisi de participer à l'édition de Rames Guyane. Et la houle, les creux de l'Atlantique et les tempêtes ne seront que quelques obstacles de plus avant la victoire.
Harry Culas, infographiste de 40 ans et rameur expérimenté, vient de remporter le prologue sur le plan de Montsinéry. (JA)
Harry Culas, infographiste de 40 ans et rameur expérimenté, vient de remporter le prologue sur le plan de Montsinéry. (JA)
TOUT LE MONDE A SA CHANCE
Pascal Vaudé, président de l'association des Amis de Rames Guyane, préfère nuancer. « L'expérience de la rame apporte peu sur cette course. Les professionnels sont rarement ceux qui terminent les premiers. » Lui-même a déjà terminé deux fois la course et remporté l'édition 2012. Selon lui, la connaissance de la mer l'emporte sur la condition physique des participants. « On a vu des grands gaillards plein de muscles abandonner très vite, et d'autres, maigrichons, faire la traversée en quarante jours. » Pour l'instant, 19 participants sont parvenus à boucler leur budget pour valider l'inscription à la course, dont cinq sont Guyanais ou résident en Guyane.
Du 2 au 7 septembre, tous les participants se retrouveront au Havre pour un deuxième prologue, cette fois tous ensemble. Et le 18 octobre, les bateaux quitteront l'anse Bernard, à Dakar, pour 4 700 km de traversée, 40 à 50 jours en mer.
Les Amis de Rames Guyane
L'association des Amis de Rames Guyane existe depuis la première édition de la course. En marge de l'organisation, son but est d'accompagner l'équipe et les futurs candidats dans leur recherche de financements, de sponsors, de conseils. Basée en Guyane, l'association favorise également l'échange entre les participants résidents dans le pays, grâce à l'organisation de prologues autour de la course, de rencontres, de sorties. Grâce aux événements de l'association, en arrivant au Havre, les skippers guyanais forment chaque fois un groupe soudé, une forme d'équipe dans l'équipe. Pascal Vaudé, président de l'association, a participé deux fois à la course et remporté l'édition 2011 de Rames Guyane.

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