Le Guadeloupéen « Dom:K » arbitre au breakdance des JO
Le breakdance fait son apparition pour la première fois aux Jeux Olympiques. Le Guadeloupéen Judes Abdoul dit Dom:K y officiera en tant que juré pour les épreuves finales de ce week-end, 9 et 10 août. Les filles, Sya dembelé B-Girl Syssy, et Carlota Dudek B-Girl Senorita Carlota, ont été sélectionnées pour la compétition aujourd'hui.
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Judes Abdoul dit Dom:K est originaire de la section de Bel Étang à Sainte-Anne, en Guadeloupe. Il est considéré par ses pairs comme une pointure de la danse hip hop. Il arbitrera les compétitions de breakdance qui débutent dès aujourd'hui avec les filles à 16 heures à Arena place de la Concorde. La décision officielle est tombée mercredi. « J'ai découvert la danse à 10 ans avec l'émission H.I.P H.O.P présentée par Sidney en 1984 et tout de suite, j'ai été fasciné par tous ces mouvements qui me semblaient extraordinaires, par cette musique futuriste et depuis je n'ai jamais arrêté », nous confie-t-il. Âgé de 50 ans, il reste toujours aussi passionné par cette culture qui a fêté également ses 50 ans en 2023.
Sa sélection au sein du jury des Jeux Olympiques
Dès 2019, Dom:K et une vingtaine de professionnels du milieu de la danse hip-hop ont été contactés par la FFD (Fédération Française de Danse) pour intégrer la Commission Breaking, afin de mettre en place un circuit de qualification nationale pour les bboys et les bgirls (danseurs et danseuses hip-hop) mais aussi pour veiller à ce que la danse hip-hop conserve son identité et ses valeurs dans l'optique des Jeux Olympiques.
Il bénéficie de 20 ans d'expérience en tant que juge de battles de breaking en France après avoir été très impliqué dans le milieu des battles (compétitions de danse) avec différents groupes.
Il nous dit « avoir eu la chance de juger les plus grosses battles de France » et a donc été naturellement identifié comme éligible à être juge dans ce nouvel écosystème.
Cependant, son expertise n'était pas considérée comme suffisante. En effet, Dom:K a dû payer des formations et passer des tests de certifications sur l'histoire de la culture Hip Hop et assimiler le nouveau système de jugement en anglais. Fort de ces précieux sésames, il a ensuite été juge sur les différents battles du circuit de qualification des Jeux Olympiques.
Il se dit « être déjà très heureux d'avoir pu depuis 3 ans être juge sur le circuit de qualification internationale car il a rencontré beaucoup de nouvelles personnes et découvert d'autres cultures. » Il estime avoir aussi acquis une bonne maîtrise du système de jugement international.
Une responsabilité énorme
Quelques jours avant le début des compétitions et de l'officialisation des juges, Dom:K était très concentré. « Nous ne sommes pas autorisés à côtoyer les compétiteurs sauf pour dire bonjour. Nous ne sommes pas dans les mêmes hôtels et avons un circuit de déplacements différents de celui des athlètes. », souligne-t-il.
« Nous juges, sommes dans une bulle pour être plus focus possible. En effet, nous avons une responsabilité énorme, car nos décisions vont impacter la vie des athlètes qui se sont entraînés très dur pour cette compétition. » Il ajoute que les juges sont évalués et comparés aux résultats de la compétition pour établir si un juge est « bon ou pas ».
Son programme après les Jeux Olympiques de Paris restera très dense.
Pour lui, « les battles de breaking » des JO de Paris 2024 seront sans conteste un grand succès, mais le circuit de compétition internationale liée aux Jeux Olympiques continuera avec les championnats du monde et les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar. L'ensemble des compétitions et des battles présents depuis plus de 40 ans se poursuivront selon le calendrier habituel.
Une première historique
La compétition olympique, inscrite pour la première fois aux JO, est prévue aujourd'hui pour les filles à partir de 16 heures à l'Aréna de la place de la Concorde à Paris et demain à le même heure pour les garçons. C'est un concours de danses artistiques et acrobatiques sur toutes les musiques et principalement sur le hip hop. Le Guadeloupéen Judes Abdoul alias Dom:K, a été choisi pour arbitrer les épreuves de cette nouvelle discipline olympique. Il fait partie des neuf juges retenus par la Fédération internationale et le seul français. Ils sont quatre danseurs dans l'équipe de France à être sélectionnés. C'est leur première participation aux Jeux Olympiques. Une discipline qui ne sera pas programmée aux Jeux de Los Angeles en 2028.
Le breakdance aux Antilles-Guyane
Pour Dom:K, le niveau des bboys et bgirlss (danseurs hip-hop) aux Antilles-Guyane est bon voire très bon. En effet, car deux des qualifiés français pour les Jeux Olympiques de Paris, bboy Lagaet et bboy Dany Dan sont originaires de la Martinique et de la Guyane.
Ils font partie des seize bboys qui vont concourir ce week-end.
Il n'oublie pas la Guadeloupe pour autant et souhaite s'investir dans sa discipline. Pour lui, " ce qui manque aux Antilles ce sont des infrastructures de qualités, de la formation pour renforcer les compétences des acteurs locaux du breaking et la mise en place d'un circuit de compétitions pour pouvoir évoluer à haut niveau sans pour autant aller systématiquement en France hexagonale. " Il est conscient qu'il y a " beaucoup de choses à faire et serai naturellement très heureux d'apporter son expertise si il y a des projets concrets et ambitieux pour ces territoires."

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