DIRECT Ariane 6 : léger imprévu en fin de mission, succès quasi-total
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DIRECT Ariane 6 : léger imprévu en fin de mission, succès quasi-total

Gaëtan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr)
Photo au décollage de la première Ariane 6.
Photo au décollage de la première Ariane 6. • ESA

Ce 9 juillet, la toute première fusée Ariane 6 s'est élancée depuis le Centre spatial guyanais, à Kourou, à 16 h. On fait le point dans cet article alimenté en direct. Un léger imprévu en fin de vol vient noircir le tableau d'une mission au succès quasi-total.

19 h 30 : En conférence de presse, ArianeGroup, Arianespace, ESA et Cnes ont réaffirmé le succès de ce premier lancement. 

Sur l’anomalie en fin de vol : « C’est malchanceux », commente Martin Sion d’ArianeGroup. « Ça n’aura aucune conséquence sur le programme des prochains vols », assure Stéphane Israël. « Nous sommes prêts à faire un autre vol cette année et six l’année prochaine », continue le PDG d’Arianespace. La prochaine Ariane 6 est programmée pour le mois de décembre.

18 h 30 : Le succès était complet, mais après 2 h 30 de mission, un léger imprévu est venu noircir le tableau. Juste avant le troisième rallumage du moteur Vinci, la trajectoire n'a pas suivi celle qui était prévue. "Seule la fin de la mission est impactée" a précisé l'ESA. Le succès en devient tout de même relatif.

 

 

Plus de précisions sur cette anomalie à suivre. 

(Précisions sur le moteur Vinci, selon l'ESA : "L’étage supérieur est propulsé par un moteur Vinci rallumable, fonctionnant également à l’oxygène et à l’hydrogène liquides. Le moteur Vinci permet à Ariane 6 de placer plusieurs satellites en orbite au cours d’une seule mission. Une fois toutes les charges utiles larguées, le moteur Vinci s’allume une dernière fois pour désorbiter l’étage supérieur en toute sécurité, évitant ainsi qu’il devienne un débris spatial et endommage d’autres objets en orbite.")

17 heures - 18 heures : Même avant la fin de la mission, les décisionnaires se sont félicités dans la salle de contrôle Jupiter. "L'Europe est de retour, Ariane est de retour", s'est réjoui Philippe Baptiste, le président du Cnes. Ce dernier a été joint par le Président Emmanuel Macron qui s'est exprimé sur ses réseaux.

"Ce lancement fait entrer l'Europe dans une nouvelle ère de transport spatial autonome et lui permet d'aller dans l'espace pour réaliser ses ambitions sur la scène mondiale", a commenté l'Agence spatiale européenne (ESA).

Le n°1 d'Arianespace, Stéphane Israël, a lui remercié "les États membres [de l'ESA ndlr] et les clients. Durant toute cette année, ils sont restés à nos côtés. Ils ont gardé confiance et nous devons maintenant continuer sur cette lancée."

16 heures - 17 heures :  Une boule de feu a traversé le ciel guyanais. Ariane 6 s'est envolée et on a pu observer son ascension de longues secondes depuis Kourou. Les boosters et la coiffe se sont bien séparés du reste de la fusée.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Comme prévu, le moteur Vinci s'est rallumé une première fois, puis une seconde fois (voir la chronologie de lancement en photo plus bas).

Tout est nominal pour l'instant. La mission doit durer 2 heures et 50 minutes.

Même après le lancement, les ingénieurs de la salle de contrôle Jupiter restent concentrés. La mission doit durer 2 h et 50 minutes. Des sourires s'échappent tout de même des visages de chacun après chaque étape intermédiaire réussie.

Sourire sur le visage des ingénieurs de la salle de contrôle Jupiter après un succès intermédiaire • G.T.

 

 

La chronologie du lancement selon une infographie de l'ESA

 

15 h 50 :  Tout est au vert après le dernier point météo à Kourou. Les conditions météo sont réunies pour le lancement.

15 h 45 : La salle de contrôle Jupiter, son public et les ingénieurs qui œuvrent au lancement, retiennent tous leur souffle. 

15 h 30 : Le DG de l'ESA Josef Aschbacher assure que "tout est nominal" à quelques minutes du lancement. Un dernier point météo sera effectué à 10 minutes du décollage.

15 h 20 :   A quarante minutes du vol, tout est au vert dans la salle de contrôle Jupiter. Selon le président du Cnes, Philippe Baptiste, il s'agit d "un moment fort pour l'Europe spatiale " et en a profité pour "remercier la Guyane." 

 IMPORTANT : On apprend à 11 heures que le lancement a été retardé d'une heure. Le Centre spatial guyanais (CSG) l'explique comme cela : "Dans le cadre des opérations de préparation Ariane 6 après le retrait du portique mobile, les contrôles de routine des équipements du segment sol ont révélé un problème mineur sur un système d'acquisition de mesures. Celui-ci est désormais résolu."

Le décollage est maintenant prévu au plus tôt à 16 h 00 heure locale.

Contexte 

Un peu plus d'an après le dernier décollage de la fusée Ariane 5, le nouveau fleuron du spatial européen doit s'élancer depuis le Centre spatial guyanais ce 9 juillet. La fenêtre de tir de la toute première Ariane 6 a été fixée entre 15 h et 19 h (heure locale). 

Comme l'affirmait il y a une dizaine de jours Carine Leveau, la directrice du transport spatial au Cnes (Centre national d'études spatial) : "Cette première campagne, c'est le retour de l'accès à l'espace pour l'Europe. Un accès indépendant. Nous sommes en train de marquer une page importante de l'Histoire."

 

Le président exécutif d'Arianespace, Stéphane Israël a lui déclaré : "Avec 30 missions en carnet, Ariane 6 a déjà gagné la confiance de ses clients institutionnels et commerciaux. Nous nous préparons à opérer le deuxième lancement d’Ariane 6 d'ici à la fin de l’année, puis à monter en cadence pour viser une dizaine de lancements par an en rythme de croisière."

Ariane 6 lancera un large éventail de missions spatiales et se déclinera en deux versions, en fonction de la puissance requise pour chaque vol. Ariane 62 - celle utilisée pour ce premier lancement - sera dotée de deux boosters et Ariane 64 de quatre boosters.

 

Le déroulé

La toute première grande étape de la chronologie doit intervenir ce matin vers 6 heures. C'est le retrait du portique mobile d'Ariane 6. Si la météo est favorable, cette structure du site de lancement ELA-4 va parcourir 120 m pour libérer la fusée. Ce portique métallique haut de 89m et large de 49m pèse 8200 tonnes. Il permet l’assemblage final d’Ariane 6 à la verticale et la protège jusqu’au décollage. 

Retrait du portique mobile qui a bien débuté malgré la pluie à 6 h 30.

Avant 8 h, Ariane 6 s'est retrouvée seule sur son pas de tir :

 

 

Comme prévu, le remplissage des réservoirs a débuté à 5 heures du lancement.

Une fois la fusée envolée, si tout se passe bien, la mission doit durer un peu plus de 2 heures et 50 minutes.

Les grandes étapes en vol sont les suivantes :

Sept secondes avant la fin du compte à rebours, les équipes dans la salle de contrôle Jupiter allumeront le moteur Vulcain. À l’heure H, les deux boosters vont à leur tour s’allumer et Ariane 6 décollera dans un immense panache de fumée.

Après 2 minutes et 16 secondes, les boosters cesseront de fonctionner et se sépareront de l’étage principal. Le moteur Vulcain continuera alors d’assurer seul l’ascension d’Ariane 6 pendant plus de 5 minutes. 

Une fois le moteur Vulcain éteint, l'étage supérieur se séparera du reste des éléments. C’est le moteur Vinci de l’étage supérieur qui prendra le relais. Il sera allumé une première fois pendant une dizaine de minutes. Il le sera une seconde fois, 38 minutes plus tard, pendant une vingtaine de secondes.

Après 1 heure et 6 minutes d'ascension, la coiffe s’ouvrira enfin et libérera, en plusieurs fois, ses charges utiles. Cette opération prendra au total un peu plus d’une heure et 30 minutes et sera conclue par un troisième allumage du moteur Vinci.

Concentré dans la salle de contrôle Jupiter • G.T.

 

Quel est l'objectif de ce premier tir ? 

Au contraire des lancements suivants pour lesquels Arianespace reprendra la main, ce premier vol est opéré par l'ESA (agence spatiale européenne).

Bien qu'elle doive emporter onze petites charges utiles, la première Ariane 6 est avant tout un vol test. Mais pas un vol pour de faux pour autant. Raymond Boyce, le directeur des opérations (DDO), explique : « Les charges utiles sont embarquées presque à titre gracieux, on n'a pas pris le risque de faire comme pour la première Ariane 5 [qui s'était soldé par un échec, NDLR]. C'est plutôt le lanceur que l'on veut qualifier pour le futur. On va surveiller tous les paramètres pour s'assurer que tout se passe bien au cours du vol. On positionne davantage de capteurs pour être encore plus serein pour les prochains. »

 

Fiche technique de la fusée

Ariane 6 est composée de trois parties principales ou « étages » : deux ou quatre propulseurs d’appoint (ou boosters), l’étage principal et l’étage supérieur.

Infos ESA

Les boosters situés sur le côté de l’étage principal fournissent l’essentiel de la poussée au décollage. En fonction des performances requises pour un vol donné, il est possible de monter deux ou quatre boosters.

L’étage principal est propulsé par le moteur à oxygène et hydrogène liquide Vulcain 2.1, version améliorée du moteur Vulcain d’Ariane 5.

L’étage supérieur est propulsé par un moteur Vinci rallumable, fonctionnant également à l’oxygène et à l’hydrogène liquide. Le moteur Vinci permet à Ariane 6 de placer plusieurs satellites en orbite au cours d’une seule mission. Une fois toutes les charges utiles larguées, le moteur Vinci s’allume une dernière fois pour désorbiter l’étage supérieur en toute sécurité, évitant ainsi qu’il devienne un débris spatial.

La coiffe au sommet d’Ariane 6, en forme d’ogive, s’ouvre verticalement pour libérer les engins spatiaux qu’elle contient. Elle mesure 5,4 m de diamètre et est disponible en deux versions : 14 m et 20 m de hauteur. Elle protège les satellites des contraintes thermiques, acoustiques et aérodynamiques pendant le vol.

 

"47 % de chance que le premier vol ne se passe pas comme prévu"

On le sait aussi, l'approche spatiale européenne diffère de celle des Américains. À Kourou et en Europe, tout est fait pour que le premier lancement soit un succès. Pourtant, le directeur général de l'ESA Josef Aschbacher déclarait il y a quelques semaines : "Statistiquement, il y a 47 % de chance que le premier vol ne se passe pas comme prévu." Les souvenirs de l'échec de la première Ariane 5 reviennent en tête.

Toni Tolker-Nielsen, directeur du transport spatial de l'ESA, estime de son côté "on peut faire mieux avec Ariane 6." Le Directeur des opérations (DDO) de cette mission, Raymond Boyce, et son adjoint Axel Sergues, que nous avons rencontré, sont du même avis : "La tension est forte à tous les niveaux puisque la culture en Europe n'est pas celle de l'échec, comme avec Space X. Nous, on veut réussir du premier coup. Il faut que cela réussisse." 

Où suivre le lancement ?

Cela sera possible directement depuis notre site.

D'autres options sont mises à dispositions.  Vous avez par exemple la possibilité de voir le décollage depuis le site d’observation Carapa qui se trouve à l’entrée de Kourou, à 14 km du pas de tir. Ce site est accessible sans réservationdans la limite des places disponibles (1450 personnes). Il sera ouvert 2 heures avant le décollage. Il n’y a pas d’âge minimum pour y accéder.

Des animations scientifiques et une retransmission du lancement sur écran géant sont également prévues sur les communes de Kourou (plage de la cocoteraie), Cayenne (pointe Buzaré), Sinnamary (salle Sinnaryouz), et Roura (centre socioculturel).

Horaire : à partir d'une heure avant le décollage, soit 14h. 

Vous pouvez aussi suivre le lancement sur la chaîne TV de l'ESA. Début du direct, 30 min avant le décollage

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