La Convention du Morne-Rouge en 1971 : le grand plaidoyer pour l'autonomie
Le 18 août 1971 se clôturait la convention du Morne-Rouge qui s'était tenue trois jours durant. Les communistes et organisations progressistes de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion, se sont réunis pour déterminer un projet commun tendant à s'émanciper du pouvoir parisien. Paul Vergès du Parti communiste de La Réunion, au nom de toutes les délégations présentes, donna lecture de la déclaration finale qui portait sur le statut d'autonomie, les programmes économique, social et culturel. Un appel au peuple.*Paru le 15 juillet 2022
«S'il est aujourd'hui une nécessité qui s'impose, c'est bien de réaliser le débat entre partisans de l'autonomie, sinon pour en fixer les détails (ce qui serait prématuré), du moins pour en préciser les contours ».
C'est un extrait d'un article titré « L'autonomie, base d'une victoire sur le colonialisme », paru dans le numéro du jeudi 22 avril 1971 de Justice. L'hebdomadaire du Parti communiste martiniquais (PCM) précisait dans le même article : « Cette revendication de l'autonomie qui à travers la répression a fait son chemin, a besoin maintenant d'être davantage élaborée, précisée, concertée entre les forces anticolonialistes ».
Cette idée d'une rencontre des forces anticolonialistes des 4 départements d'Outre-mer pour tenter de revendiquer d'une même voix, ne date pas de 1971. Dans le numéro du Progrès social du samedi 16 septembre 1967, sous le titre « L'indispensable unité antillaise », les anticolonialistes guadeloupéens appelaient au « groupement indivisible de toutes les forces démocratiques martiniquaises et guadeloupéennes ». Ce à quoi répondait Le Progressiste le 19 octobre 1967 : « Cette invitation rejoint les préoccupations du Parti progressiste martiniquais qui souhaiterait fortement la constitution d'un Comité de liaison entre les forces anticolonialistes autonomistes de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique ». Le PPM formulait alors le vœu d'une rencontre de responsables autonomistes des trois territoires antillo-guyanais.
À l'issue de son 3e Congrès, le même PPM adoptait une résolution qui retenait : « Le travail de la gauche ne devra pas se limiter à la Martinique ; nous gagnerons l'Autonomie le jour où les pays francophones de la région Antilles-Guyane marcheront d'un même pas concerté vers le même destin ».

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