Fantan Mojah, voix du reggae roots, s’éteint à 49 ans
Le chanteur jamaïcain Fantan Mojah est décédé mardi soir à l’hôpital universitaire des Antilles occidentales, à Kingston, des suites d’une complication cardiaque, selon le Jamaica Observer. Il avait 49 ans. Figure du reggae roots, il laisse derrière lui des hymnes comme « Stronger » et « Rasta Got Soul ».
Il semblait remonter la pente. Hospitalisé en Martinique en juillet 2024 pour des difficultés respiratoires et cardiaques, Fantan Mojah était reparti en tournée en Europe début 2025. Mais son état s’est dégradé ces derniers jours, jusqu’à ce que la mort le rattrape, mardi soir, à Kingston. Il avait 49 ans et n’aurait pas vu ses 50 ans, qu’il devait fêter le 5 août. Owen Moncrieffe, de son vrai nom, est né à St Elizabeth, une paroisse rurale de l’ouest de la Jamaïque. La musique l’a happé très tôt. À 9 ans, il chantait déjà lors de concerts scolaires. Installé à Kingston, il a d’abord été roadie pour le Killamanjaro Sound System et s’est fait appeler « Mad Killer », en hommage à Bounty Killer.
Mais en 1997, sa conversion au rastafarisme et sa rencontre avec Capleton ont tout changé. Il a troqué ce surnom pour un nom plus spirituel : Fantan Mojah. La légende raconte qu’il a alors été repéré alors qu’il lavait des vitres, par le patron du label Downsound Records, Joe Bogdanovich. Une rencontre qui a changé sa vie. En 2004, les singles Hungry et Hail the King ont fait décoller sa carrière.
Des hymnes pour l’éternité
Fantan Mojah laisse une empreinte indélébile dans le reggae roots. Ses tubes Stronger, Hungry, Nuh Build Great Man et Most High Jah ont traversé les générations. Mais c’est Rasta Got Soul, hymne à la spiritualité rastafari, qui reste sans doute son titre le plus célèbre. Une chanson qui portait tout son message : la force, la foi et la fierté des racines culturelles jamaïcaines. Malgré les tensions avec Downsound Records, qui l’ont poussé à quitter le label, il a continué à enchaîner les tournées internationales, porté par un message rasta puissant, toujours animé par la foi et la musique.
Sa disparition, trois semaines avant son 50e anniversaire, a plongé la Jamaïque et les amateurs de reggae roots du monde entier dans le deuil. Sur les réseaux sociaux, les hommages se multiplient, saluant une voix unique, un message authentique et une carrière marquée par la foi et la résilience. Fantan Mojah n’est plus, mais ses chants continueront de porter son message, à jamais.

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