L'entrée de la mairie porte encore les stigmates du conflit. Le maire déplore de devoir payer une entreprise pour nettoyer les traces de peinture (Bernard Dordonne)
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Le maire et les grévistes ont enfin signé un protocole d'accord samedi à 18 heures. Il comprend 16 points. Ceux qui ont participé à la grève se disent satisfaits mais regrettent, tout comme le maire, qu'il ait fallu attendre un mois de conflit pour parvenir à cette signature.
La grève est levée, après un long mois de conflit. On voit encore les traces du siège que les grévistes ont tenu à l'entrée de l'hôtel de ville. Les deux parties sont soulagées, même si chacune se dit déçue qu'il ait fallu attendre 30 jours pour s'entendre. « Une grosse lassitude et un sentiment de ras-le-bol » commentait hier le député-maire Gabriel Serville.
D'autant qu'il estime qu'il n'y a pas beaucoup d'écarts entre le protocole signé samedi à 18 heures et ce qui ressortait des sept heures de discussion le 5 février. « C'était un mois de grève pour rien. On n'aurait pu s'en passer. Encore aurait-il fallu que les grévistes soient animés de la volonté de gérer le conflit social, qu'ils ne soient pas animés par des motivations d'ordre politique » commente Gabriel Serville.
S'il y a un point sur lequel il n'a pas cédé : c'est le paiement des jours de grève. La retenue sur salaire va être échelonnée sur dix mois. Les grévistes sont toutefois satisfaits sur plusieurs points, notamment l'absence de sanctions. « On a protégé nos camarades du piquet » commente Audrey Libre, l'une des grévistes.
Le maire ne compte toutefois pas retirer la plainte qu'il avait déposée pour acte de vandalisme.
UN SOULAGEMENT MITIGÉ
Cette fin de grève laisse un goût amer. « Je sais le travail que j'ai fait depuis que je suis arrivé dans cette mairie en demandant aux centrales de monter des sections ; on a créé le comité technique, le CHSCT, la réforme indemnitaire qui a permis à 296 personnes de percevoir quelque chose pour améliorer le pouvoir d'achat... mais ça a dérangé une poignée d'agents qui touchaient des primes mirobolantes pour des raisons que je ne comprends pas, parce qu'elles n'étaient pas liées à des postes à responsabilité ni à de la pénibilité. C'était certainement par connivence avec l'ancien maire » commente Gabriel Serville. « Une grève comme celle-là aurait pu durer sur deux ou trois jours. Les grévistes ont nettoyé le parvis mais je vais devoir payer une société extérieure » .
Le maire a également donné son accord pour présenter au prochain conseil municipal la réalisation d'un audit, mais « ça va coûter 80 000 euros dans un contexte budgétaire contraint » déplore-t-il.
Un point de satisfaction important pour les grévistes qui précisent que « les organisations syndicales vont pouvoir participer au suivi de mission et à l'établissement du cahier des charges pour la réorganisation des services » . La discussion a également été tendue sur les emploi aidés. « Je n'ai pas l'argent pour les titulariser et je ne peux m'engager en lieu et place du conseil municipal qui est compétent en matière de suppression et de création de poste » .
S'il y a une chose qui reste en travers de la gorge du maire : c'est que les « non grévistes ont mal vécu certaines situations parce qu'ils ont été invectivés, je ne trouve pas cela décent » .
Retrouvez le protocole de fin de conflit sur franceguyane.fr
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