Obsèques d'Alain Maline : hors cadre jusqu’au bout
Les obsèques du cinéaste Alain Maline, décédé le 7 février dernier, ont eu lieu le samedi 22 février en Picardie. Un événement inattendu a marqué la mise en terre du cercueil.
Au sol, près du cercueil, des bouquets venus de Guyane ou de Noyon, où est né Alain Maline. Retour des amis sur la vie de ce fils de directrice d'école, né en 1947. Le cinéaste a fait le tour du monde et a été l’assistant de François Truffaut à la fin des années 1970 [ndlr : L’Argent de poche, L’Homme qui aimait les femmes]. La cérémonie religieuse s'est terminée par la bénédiction du cercueil.
Un peu avant 16 heures, une pluie fine accueille la cinquantaine de personnes sortant de la petite église de Caisnes (60). L’acteur Vincent Martin, compagnon de production sur les aventures guyanaises dès Cayenne-Palace, tente de lancer la musique de Jean Galmot, aventurier. L’enceinte se grippe. Les fossoyeurs se démènent pour faire descendre le cercueil dans une fosse déjà cimentée. Ils se résignent : le cercueil ne rentre pas. Alain Maline refuse une fois encore d’entrer dans le cadre établi.
« C’est tellement lui ! C’était un entêté ! » dit en souriant l’acteur Luc Saint-Éloy, fidèle du réalisateur. Il poursuit avec respect : « Je l’ai rencontré tôt. J’étais jeune comédien en 1990, il y a 35 ans ! Il me proposait d’interpréter Gaston Monnerville pour la série Jean Galmot, aventurier. Il y a eu le film, mais il y a aussi eu ce téléfilm d’aventures. Ça a été le début d’une longue amitié. J’ai ensuite participé au clip d’Édith Lefel [Ndlr : Somnifère]. »
Ce clip datant de 1996 revient dans plusieurs témoignages : 4 minutes 25 d’un plan-séquence dans Paris avec Édith Lefel, c’est forcément marquant. « Alain a décidé qu’il ne part pas, là. C’était ça, Alain Maline : rien comme tout le monde ! » résume la journaliste Migail Montlouis-Félicité, proche de la famille. Luc Saint-Éloy rappelle que La Route des abolitions (2011) restera le dernier film que Maline et lui auront fait ensemble.
Les fossoyeurs tentent une technique différente : sans succès. Ils annoncent qu’ils devront "vriller" le cercueil, qui prendra une forme de "L" et rentrera, mais ce ne sera pas devant la famille. « Ça ferait bizarre », confie l’un d’eux. « Un petit punch pour Alain ! » lance Keen de Kermadec, la compagne d’Alain Maline, mère de leur fils Taïno, présent lui aussi. « Il n’aurait pas aimé qu’on ne boive pas pour lui ! » Les ingrédients du ti-punch apparaissent.
Cette fois, la musique de la bande originale du film Jean Galmot, aventurier démarre bien. Luc Saint-Éloy verse une lampée de Damoiseau sur le cercueil posé en travers de la fosse rectangulaire : « Mesdames et messieurs, je vous annonce qu’Alain boit son rhum ! » Rires contenus. Une file se crée pour trinquer avec le défunt. Une scène quasi cinématographique que n’aurait sans doute pas reniée Alain Maline, qui repose désormais en paix, chez lui.
La rédaction de France-Guyane adresse ses sincères condoléances à sa famille, ses proches et tous ceux qui ont partagé son aventure cinématographique.

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