Les employés de la crèche de Noha en grève
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Les employés de la crèche de Noha en grève

Stéphanie BOUILLAGUET
Les employés de la crèche de Noha, à Cayenne, sont en grève. Ils attendent leur salaire du mois d'octobre, voire même, pour certains, de septembre (SB)
Les employés de la crèche de Noha, à Cayenne, sont en grève. Ils attendent leur salaire du mois d'octobre, voire même, pour certains, de septembre (SB)

Les salariés de la crèche de Noha, à Cayenne, ont lancé hier un mouvement de grève pour obtenir leur salaire du mois d'octobre. Depuis son ouverture il y a un an, la structure est régulièrement confrontée à des difficultés financières.

Pour les salariés de la crèche de Noha, la coupe est pleine. Depuis hier, ils sont en grève, et « campent » devant la structure située cité Mont-Lucas. Leur revendication est simple : obtenir leur salaire d'octobre, et même, pour certains, des arriérés de salaires. Car depuis son ouverture il y a tout juste un an, la crèche a connu de nombreuses difficultés pour payer ses employés (lire ci-contre).
Si la situation semblait être rentrée dans l'ordre depuis le mois de mars, les difficultés sont réapparues au mois d'octobre. « Six personnes ont été payées le 16 du mois, dont trois ont reçu un chèque sans provisions » , explique l'une des employées, qui tient à garder l'anonymat. Hier, aucun des dix-sept salariés de la crèche n'avait encore reçu son salaire d'octobre. « Si nous ne sommes pas payés ce week-end, nous ne reprendrons pas le travail lundi » , préviennent les grévistes.
Rencontré en coup de vent hier alors qu'il entrait dans la crèche, le directeur Olivier Alfred ne tient pas à commenter cette situation : « Je mets toute mon énergie à trouver une solution rapide pour les salariés » , assure-t-il, avant de lâcher, sans plus de précisions : « C'est un problème récurrent, lié aux administrations. »
LA CAF EN ATTENTE DE PAIEMENT
Une petite explication s'impose. Les crèches sont financées par trois partenaires : les parents, la Caisse d'allocations familiales (Caf) et les collectivités locales. La participation des parents est strictement encadrée par la Caf. À eux deux (Caf et parents), ils prennent en charge 66% des frais de fonctionnement de la structure. C'est ce qu'on appelle la PSU (prestation de service unique). Les 34% restants incombent donc aux collectivités locales : mairie, conseil général, voire même conseil régional.
Mais ici, seule la mairie de Cayenne participe, et seulement à hauteur de 25%. Il reste donc un trou de 9% pour la structure. « Jusqu'à maintenant, la Caf compensait ces 9% par des subventions. Mais elle nous a fait savoir qu'elle n'allait pas pouvoir continuer » , explique une directrice de crèche.
LA PARTICIPATION DES PARENTS AUGMENTÉE
Pour contourner ces difficultés financières, la crèche de Noha a décidé, le mois dernier, d'augmenter de 10% la participation des parents. Problème : en faisant cela, elle n'a pas respecté la convention qui la liait à la Caf, et se retrouve donc exclue du dispositif PSU.
Isabelle Malinge, directrice de la Caf, le confirme : « Nous sommes en attente de paiement pour le quatrième trimestre 2014 car la crèche de Noha a majoré la participation des parents sans nous en informer, et en dépassant les barèmes nationaux » , explique-t-elle. Néanmoins, consciente des difficultés rencontrées par les employés, la directrice de la Caf précise avoir « sollicité la Caisse nationale d'allocations familiales pour voir quelles sont les possibilités de paiement » . Les salariés devront donc encore attendre...
PLUS D'INFOS
Une année difficile pour la crèche de Noha
Ouverte le 4 novembre 2013, la crèche a très vite été confrontée à des difficultés financières. Fin février 2014, les salaires des mois de novembre, décembre et janvier n'avaient pas été versés! Conséquence, les démissions se sont accumulées. Huit anciens salariés attaquent désormais leur employeur aux prud'hommes.
Depuis début mars 2014, la situation semblait aller mieux, les salariés percevant leur salaire plus ou moins en début de mois. Mais depuis la rentrée scolaire, les difficultés ont repris. En octobre, trois salariés ont reçu un chèque sans provisions. Début novembre, une procédure de quatre licenciements économiques a été entamée. Hier, les dix-sept salariés de la structure n'avaient pas touché leur salaire du mois d'octobre. Dont trois étaient encore dans l'attente d'impayés de 2013.
Le casse-tête de la PSU
Tous les professionnels que nous avons rencontrés l'assurent : la PSU, calculée selon des barèmes nationaux, n'est pas adaptée à la Guyane. « Les tarifs plafonds établis par la Cnaf ne correspondent pas à nos frais et à nos charges » , explique une directrice de crèche. Résultat, les crèches sont devenues « des gouffres financiers » , explique une autre directrice, qui craint qu'elles ne « ferment les unes après les autres » .
Pour les parents, c'est aussi la galère
Les parents de la crèche de Noha, qui ont trouvé portes closes hier, ont dû s'organiser dans l'urgence.
« J'ai trouvé un système D par le biais d'une amie d'une amie, mais ça ne me plaît pas trop. On ne connaît pas la dame qui va garder notre fils toute la journée » , explique ce jeune papa. Il se dit néanmoins solidaire avec le personnel : « Il faut que le directeur paie ses salariées. Elles ne peuvent pas continuer comme ça! » Lui aussi a vu ses frais de garde à la crèche augmenter de 10% d'un mois sur l'autre. « On nous a dit que c'était pour compenser un manque de subventions de la mairie » , explique-t-il. Mais ça, la crèche n'avait pas le droit de le faire...
(SB)
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