(De gauche à droite et de haut en bas) : Julien-Christophe Agwintie, Thierry Tavares da Silva, Welliton dos Reis Filho, Sony Guiose, Romaric Edouard, Rosana Anica, Eliane Labonté et Emeline Yapara ont tous décroché des contrats d'avenir (KS)
Huit jeunes de la commune ont été embauchés en contrat d'avenir. Une chance pour eux de rester près de leur famille. Contrepartie originale : tous doivent s'engager comme pompiers volontaires.
C'est un contrat de travail un peu particulier qu'ont signé huit jeunes de Régina, âgés de 18 à 25 ans, lundi matin. Des contrats d'avenir, subventionnés par l'État et ratifiés par le sous-préfet Benoît Vidon, qui leur ouvrent les portes d'emplois municipaux. Accompagnatrice dans le bus scolaire, agents des espaces verts ou du service état civil, conducteur d'engins municipaux, employée du point lecture, agent d'entretien du gîte communal ou salariés de l'Écomusée : chacun a trouvé sa place sans trop de difficulté. « Ils avaient tous des profils, des parcours et des projets différents et on a trouvé tout ce qu'il nous fallait. C'est presque un coup de chance » , souligne François Dumora, directeur territorial de Pôle Emploi. « Ça m'enlève une belle épine du pied, souffle le maire, Justin Anatole. On veut garder nos jeunes dans la commune mais les emplois sont rares. Avec 55 agents, la mairie est d'ailleurs le premier employeur de Régina. » Et va le rester.
Mais si cette opération revêt un caractère original, c'est parce qu'en plus d'un travail, les huit jeunes ont en prime décroché le droit (et surtout le devoir) d'être pompier volontaire au centre de secours de la commune. « En sept ans, on a perdu 12 000 volontaires en France, calcule Stephan Parent, commandant des opérations de secours (COS) à Régina. La crise est générale mais elle est encore plus marquée dans les petites communes. »
« ON AURA GAGNÉ DES SECOURISTES »
Le centre de Régina tourne avec seulement trois sapeurs-pompiers volontaires et, depuis peu, un infirmier. « En théorie, on devrait être vingt-deux, constate Stephan Parent. Parce qu'en plus, on couvre un gros secteur : 60 kilomètres sur la RN2 avec des tronçons très dangereux. On a une place stratégique. Et comme il n'y a pas de médecin en place à Régina, on vient aussi en aide aux malades. Au total, on fait une centaine d'interventions par an. »
Difficile de séduire des jeunes. D'autant que le système d'astreinte des volontaires ne leur permet pas de vivre ; ceux-ci sont en effet payés 7 euros la nuit. « En proposant à ces jeunes un emploi, on a créé le déclic » , se réjouit le COS Parent. Mais le plus dur reste à faire. Les recrues doivent maintenant suivre une formation initiale d'activité : 400 heures réparties sur un an. « J'espère qu'ils resteront motivés pendant toute la durée de cette formation, glisse Stephan Parent. Mais s'ils partent au bout de deux ou trois ans, ce n'est pas grave parce qu'on aura gagné des secouristes dans la commune. »
Sony, 18 ans, agent d'accueil à l'Écomusée
(KS)
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Sony Guiose, 18 ans, a fait ses premiers pas en tant qu'agent d'accueil à l'Écomusée il y a tout juste un mois. « Ça a été un peu difficile, raconte-t-il, j'ai dû apprendre plein de choses sur l'Approuague et sur l'histoire de Régina. Je me suis aperçu que je ne connaissais pas si bien que ça ma commune. Mais mes collègues m'aident à trouver ma place et je m'adapte. »
Natif de Régina, Sony savoure sa « chance » d'avoir pu y trouver un emploi. « J'avais envie de rester près de ma famille et de mes amis » , confie-t-il. Le jeune homme connaît bien sûr la contrepartie de ce contrat à temps partiel : comme les autres, il devra être pompier volontaire au centre de secours de Régina. À l'énoncé de futures épreuves physiques, il rigole. « Mes frère et soeur étaient pompiers volontaires et je sais que les tests sont un peu durs alors je préfère décompresser avant (sourire)... C'est vrai que tout ça nous a été imposé mais ce n'est pas grave. C'est une expérience supplémentaire. Grâce à ça, je saurai réagir en cas de problème. Un voisin qui se blesse, un accident de la route dont je serais témoin... C'est pour ça que j'ai accepté. » Premier bon point pour Sony : il a visiblement déjà retenu la leçon du COS Parent.
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