Obligation vaccinale : des soignants de l'Ébène en grève depuis 12 mois, la direction répond
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Obligation vaccinale : des soignants de l'Ébène en grève depuis 12 mois, la direction répond

Marie ODRY (m.odry@agmedias.fr)
Un rassemblement s'est tenu ce matin 18 août pour évoquer la situation des grévistes de l'Ebène.
Un rassemblement s'est tenu ce matin 18 août pour évoquer la situation des grévistes de l'Ebène. • M.O

Ce jeudi 18 août, à la maison du peuple, l’UTG (Union des Travailleurs Guyanais) s'est réunie pour évoquer la grève qui touche les soignants de l'Ebène. Une grève contre l'obligation vaccinale qui en est déjà à son douzième mois ! Jean-Victor Castor, député de la 1ère circonscription, était présent pour apporter son soutien aux grévistes qui demandent à pouvoir réintégrer leur poste.

 C’est à la maison du peuple, à la Digue Ronjon de Cayenne, qu’une vingtaine de personnes sont venues ce matin apporter leur soutien aux soignants de l'Ébène en grève. Ces derniers ne sont plus à leur poste de travail, ayant refusé la vaccination contre le Covid-19, obligatoire pour les personnels exerçant dans les établissements de santé et médico-sociaux. En tout, 13 grévistes ne veulent pas ou plus se faire vacciner contre le coronavirus.
Aujourd'hui, nous sommes réunis pour trouver des solutions, nous répond Yannick Xavier, secrétaire général de l’UTG. Les soignants de l’Ebène sont en grève pour contrer une loi instaurée sans un recul scientifique de long terme. Au-delà de militer contre cette obligation, ce sont des pères ou des mères de familles qui s’endettent. Ces personnes souhaitent reprendre leur activité  !

"Avant, nous étions des soignants, aujourd'hui nous ne sommes plus rien !”
Deux soignants grévistes étaient présents ce matin pour expliquer leur situation. Jean-Marc Nemouté s'explique au micro de France-Guyane : “Les hôpitaux guyanais ont été très peu touchés par le Covid-19 face aux hôpitaux de l’Hexagone. Pendant dix-huit mois, nous avons travaillé sans relâche et avec grande précaution. Et puis un jour, on nous oblige à se faire vacciner pour travailler. Remonté, il déclare : "Avant, nous étions des soignants, aujourd'hui nous ne sommes plus rien.” 

Audrey, également soignante depuis une quinzaine d’années, nous. explique à son tour sa situation. “ Nous sommes en grève depuis plus de onze mois et nous n'arrivons toujours pas à être réintégrés dans notre travail. Nous ne sommes pas suspendus, mais en grève ! Nous voulons exercer notre métier ! Nous ne pouvons pas rester dans cette situation éternellement, nous n'avons plus de rentrée d'argent ”, lance-t-elle. Sans salaire depuis presque un an, la soignante se dit aujourd'hui largement endettée.

Jean-Victor Castor, député de la 1ère circonscription, a tenu à être présent à leurs côtés : " C’est une situation d’urgence. Je soutiens toutes ces personnes qui méritent de reprendre leur poste. Je suis là aujourd'hui en tant que médiateur, et je vais poursuivre les négociations pour la réintégration des soignants.

"Il faut que ces soignants se conforment à la loi !"
Les grêvistes soulignent qu’ils sont prêts à se faire tester avant chaque entrée sur leur lieu de travail. Mais "cela est impossible", nous répond Alex Fléret, président de l'association Ebène : "Il faut que ces soignants se conforment à la loi ! Il faut avoir un schéma vaccinal en cours ou complet. Les tests ne sont pas suffisants. C'est la loi, nous ne pouvons pas la contrer.  "

Pour l'association Ebène, réintégrer ces 13 soignants non-vaccinés ou avec un schéma vaccinal incomplet, serait une "injustice" pour les soignants qui se sont "obligés" à se faire vacciner afin de continuer à exercer leur fonction : " Nous ne pouvons justifier une telle décision alors que 97 % des salariés de l'Ebène ont fait le choix très difficile de la vaccination. Pour certain, cela a representé un véritable sacrifice traumatisant. "

La solution pour la réintégration des soignants
Pour répondre à l'appel des grévistes, la direction de l'Ebene a adressé un courrier au Secrétaire général de l'UTG pour essayer de trouver des solutions de réintégration sur les bases suivantes :

-Reprise du travail dès lors qu'un schéma vaccinal est initié par le salarié avec l'engagement formel de le mener à son terme,
-Reprise du travail avec un certificat de rétablissement avec l'engagement formel de s'engager dans la démarche du schéma vaccinal jusqu'à son terme,
-Rupture conventionnelle discutée avec chaque salarié.