Juliana Rimane : «La citoyenneté des femmes en Guyane a été un long combat»
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Juliana Rimane : "La citoyenneté des femmes en Guyane a été un long combat"

Jadine LABBE PACHECO
Juliana Rimane a animé une conférence sur les Guyanaises et la politique, mercredi 26 mars.
Juliana Rimane a animé une conférence sur les Guyanaises et la politique, mercredi 26 mars. • J.LP

La docteure en science politique et études de genre a animé la conférence "Les Guyanaises et la politique (1848-1946)", hier, à la Maison des cultures et des mémoires.

Invisibilisées, exclues, raillées… Lorsqu'elle entame ses recherches, Juliana Rimane constate qu'aucune place n'est accordée aux femmes dans les discours historiques. Pourtant, elles se mobilisent pour leurs droits, mais pas seulement.

"À chaque fois, les femmes militaient pour le respect des valeurs républicaines, et parce que nous sommes dans un contexte décolonial, elles militaient pour le bien commun", souligne-t-elle.

Dès l'abolition de l'esclavage en 1848, " la citoyenneté se construit pas à pas… Mais pendant une longue période, le terme "citoyen" ne se conjugue pas au féminin ", relate-t-elle. Droit et citoyenneté ne sont pas forcément liés. " L'exemple le plus criant est le droit de vote dont les citoyennes étaient exclues ", illustre l'ancienne députée.

Néanmoins, les femmes n'ont pas attendu le droit de vote en 1944 pour s'impliquer dans l'univers politique !

Le combat des Guyanaises rurales et bourgeoises

" La citoyenneté des femmes en Guyane a été un long combat ", et à chacune sa démarche.

Les femmes des communes descendent dans les rues pour exprimer leur colère. Adélaïde Tablon, ancienne esclave née à Roura, se révolte en 1889 pour que l'État accorde à la population guyanaise le droit d'élire leur maire et leur conseil municipal.

 

Les femmes de la bourgeoisie, quant à elles, occupent les réunions publiques dès les années 1930. C'est le cas de Lucie Blinker. "Elle donne le ton des revendications qui prennent un caractère féministe dès lors qu'elle se réjouit de la nomination de trois femmes comme ministres, déclarant que les femmes guyanaises sont aussi intelligentes que les femmes françaises ", rapporte la docteure.

 

 

Le rejet de la colonisation

Dès l'obtention de leur droit de vote en 1944, les Guyanaises se positionnent contre la colonisation.

Un an plus tard, Raymonde Horth devient la première femme élue, désignée adjointe du maire de Cayenne. En 1946, alors que la départementalisation se met en place, " elle incite les jeunes filles à prendre place dans tous les espaces de la société et à exercer leur activité jusque dans la vie politique ", retrace Juliana Rimane.

Les Guyanaises occupant l'espace publique ont acquis leur légitimité. Elles ouvrent la voie à d'autres figures politiques, et d'autres combats. 

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