Saint-Laurent: l'école d'infirmières enfin inaugurée
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Santé/désenclavement

Saint-Laurent: l'école d'infirmières enfin inaugurée

Samuel Zralos, france.guyane@agmedias.fr
Les premiers élèves de l'Ifsi de SLM
Les premiers élèves de l'Ifsi de Saint-laurent du Maroni encadrent Paule Tocney (à gauche avec les fleurs), marraine de la promotion. • SZ

Moment d'émotion ce matin à Saint-Laurent, pour l'inauguration de l'Ifsi, l'Institut de formations aux soins infirmiers, dont la première promotion a fait sa rentrée le 5 septembre.

« C'est un gros soulagement, je suis heureuse pour la Guyane, pour les jeunes, pour les malades de l'Ouest guyanais, pour qu'on puisse leur offrir des soins de qualité. » Paule Tocney, directrice des soins à l'hôpital Franck-Joly laisse parler son émotion, entre les bungalows qui accueillent temporairement l'Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de Saint-Laurent du Maroni, dans la cour de l'école municipale de musique.
 
Moteur depuis 2019 de la création de l'établissement, la sexagénaire mesure le travail accompli : après un premier report en 2021, puis des menaces d'un nouveau report en 2022 qui avait entraîné une manifestation très suivie. L'école accueille enfin sa première promotion depuis le 5 septembre.
A deux ans de la retraite, la cadre de santé n'a pas pu retenir ses larmes quand elle a été désignée marraine de ce premier groupe d'étudiants. 
 
« C'est un honneur »
 
Les 15 Guyanais, dont trois hommes, qui se sont lancés dans l'aventure débordent à contrario de l'énergie et de l'optimisme de la jeunesse. Visiblement très motivée, Alondra Seheux affiche sa « fierté » à l'idée d'étudier « là ou on est nées ». « C'est un honneur », souligne-t-elle sous les hochements de tête approbateurs de ses camarades. « On est là et on va rester là, participer au développement de la Guyane. On veut faire parti de cette avancée. » 
 
Cette formation, c'est aussi « la preuve que les Guyanais travaillent, étudient, sont des gens normaux. Pas des trafiquants de drogue », renchérit son camarade Thyrone Raymond. Le cursus est d'autant plus alléchant pour ces jeunes qu'ils n'ont presque rien à débourser. Sept sont en contrat d'apprentissage avec le Centre hospitalier de l'Ouest guyanais (Chog) - où ils devront travailler cinq ans à l'issue du diplôme -, trois sont inscrits via Rainbow santé, trois sont en formation initiale financée par la Collectivité territoriale (CTG) qui subventionne par ailleurs la formation à hauteur de 82 400 euros cette année et les deux dernières sont en formation continue.
 
Lutter contre le sous-effectif chronique
 
Si cette inauguration diffère de la plupart, c'est aussi et surtout au vu des enjeux : d'ici trois ans, les nouveaux diplômés auront la lourde charge d'endiguer le sous-effectif majeur et chronique du Chog. En tant que diplômés locaux, ils portent aussi l'espoir d'une diminution du renouvellement très important des équipes de l'hôpital. 
 
« On ouvre le chemin pour ceux qui viennent après, on doit montrer l'exemple, être irréprochables », souligne Alondra Seheux, consciente des attentes placées sur ses épaules et celles de ses camarades.
 
Dirigée par l'organisme prive PP plus, soutenu par  l'ensemble du personnel médical de l'Ouest, l'Ifsi de Saint-Laurent a cinq ans pour faire ses preuves, obtenir le renouvellement de son agrément et assurer la pérennité de l'école.