Caraïbes : le cannabis dépénalisé à Grenade
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Caraïbes : le cannabis dépénalisé à Grenade

Jacques VILUS
La Grendae a dépénalisé la possession de canabis en janvier dernier.
La Grendae a dépénalisé la possession de canabis en janvier dernier. • SHUTTERSTOCK  WITHOUT PERMISSION.

Désormais, sur l'île de Grenade, tout adulte de plus de 21 ans peut posséder jusqu'à 56 grammes (environ 2 onces) de cannabis et cultiver jusqu'à 4 plants à son domicile sans risquer la garde à vue.

Saint-George's franchit un cap législatif inédit. En dépénalisant la possession de cannabis fin janvier 2026, la Grenade ne se contente pas de suivre le mouvement régional, elle l'amplifie. Avec un seuil de tolérance porté à 56 grammes, le gouvernement de Dickon Mitchell fait le pari audacieux de la responsabilité individuelle et de la justice sociale. C'est une petite révolution dans l'archipel aux épices. Le Parlement a validé cette semaine une réforme profonde de la loi sur la prévention et le contrôle des drogues (Drug abuse prevention and control act), redéfinissant totalement le rapport de l'État à la « ganja ».

56 grammes et 4 plantes

Contrairement aux premières ébauches qui évoquaient un seuil de 28 grammes, le législateur a finalement placé la barre plus haut. Désormais, tout adulte de plus de 21 ans peut posséder jusqu'à 56 grammes (environ 2 onces) de cannabis et cultiver jusqu'à 4 plants à son domicile sans risquer la garde à vue. L'infraction criminelle disparaît pour laisser place, au-delà de ces seuils, à un système de contraventions administratives. Attention toutefois : la consommation en public reste strictement interdite.

La priorité à la réhabilitation

Ce texte est le fruit d'un débat intense. Le Premier ministre Dickon Mitchell plaidait initialement pour une majorité à 18 ans (« Si on peut voter et aller en guerre à 18 ans, on est adulte »), mais a dû céder face aux recommandations des experts de santé. La limite a été fixée à 21 ans. Pour les jeunes en dessous de cet âge interpellés avec du cannabis, la réponse ne sera plus carcérale mais sanitaire : ils seront obligatoirement orientés vers des programmes de counseling et de réhabilitation. L'objectif est de soigner, pas de punir.

Un alignement régional

Cette décision s'inscrit dans une tendance de fond au sein de la Caricom (Communauté caribéenne). Plusieurs voisins, comme la Dominique, Antigua-et-Barbuda ou Sainte-Lucie, ont déjà adopté des mesures similaires ces dernières années. La réforme grenadienne inclut également un volet rétroactif important : l'effacement des casiers judiciaires pour les personnes condamnées par le passé pour simple possession. Une mesure destinée à lever les freins à l'emploi et aux voyages pour une partie de la population.

Les effets concrets de la réforme

La réforme porte aussi une lourde charge symbolique :

- L'effacement des casiers : la loi est rétroactive. Des milliers de Grenadiens, dont l'avenir professionnel était bloqué par une vieille condamnation pour un « joint », vont voir leur casier judiciaire automatiquement épuré ;

- La paix avec les Rastas : pour la première fois, l'usage du cannabis à des fins sacramentelles est légalement reconnu pour la communauté rastafari, dans les lieux de culte enregistrés.

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