Alzheimer : un nouveau traitement bientôt disponible
Le Lecanemab a été présenté ce mardi après-midi lors des entretiens de la Fondation Recherche Alzheimer, à Cayenne.
À deux pas de la place des palmistes, Josiane discute avec une amie sur les marches de la CCI de Cayenne. Le duo vient d'assister à la conférence organisée par la Fondation Recherche Alzheimer. Une annonce importante y a été faite : l'autorisation, par l'Union Européenne, de la mise sur le marché du Lecanemab, approuvée le 15 avril dernier.
Cet anticorps monoclonal viserait à ralentir la progression de la maladie.
" Quand on a Alzheimer, on ne se souvient de rien, on ne sait ni manger, ni boire, alors si je peux éviter ça, je serais prête à prendre ce médicament… C'est une grande avancée ", s'exclame Josiane.
Un peu plus loin, un groupe d'amies échange aussi à propos de cette nouvelle possibilité.
" Ma grand-mère a eu Alzheimer, ma mère est atteinte, deux tantes ont été atteintes, je me dis que mon tour viendra… Mais je ne suis pas prête à le prendre dans l'immédiat car c'est un peu flou ", avance Arlette.
Une grande avancée malgré des effets indésirables
Marie-Rose, elle, se montre catégorique. " Pour moi, il faudrait patienter des décennies avant de pouvoir le prendre, car j'estime qu'il est au stade expérimental ", explique-t-elle. " Les effets indésirables sont trop nombreux ", ajoute-t-elle.
Rémy Genthon, directeur scientifique de la Fondation, reconnaît les contraintes liées au traitement : " Le traitement a des effets indésirables et nécessite une perfusion et une surveillance clinique, avec IRM régulières, pour détecter d'éventuelles ARIA (anomalies liées à l'élimination de l'amyloïde), qui peuvent entraîner des maux de tête, des hémorragies, voire des troubles de la conscience. "
Pour autant, le neurologue se veut rassurant. " Je ne voudrais pas trop faire de promesses, mais c'est une excellente nouvelle, un pas… Je suis optimiste à moyen ou court terme ", souligne-t-il.
Disponible d'ici la fin de l'année
En Guyane, comme dans le reste de la France, le médicament devrait être remboursé à 100 % par l'Assurance maladie, et pourrait être disponible d'ici la fin de l'année. C'est en tout cas ce qu'espère Olivier de Ladoucette, président de la Fondation Recherche Alzheimer.
Administré par perfusion intraveineuse, le traitement ne sera disponible qu'en milieu hospitalier, sous la supervision de neurologues ou de gériatres spécialisés.
" 5 à 10 % des personnes atteintes d'Alzheimer pourraient en bénéficier dans un premier temps ", indique-t-il. " Il sera prescrit à un stade précoce de la maladie : à un stade où les patients sont encore autonomes et ont encore suffisamment de cellules préservées pour pouvoir continuer à avancer et être efficaces au niveau thérapeutique ", précise-t-il.
Ainsi, plus le diagnostic est posé tôt, mieux ce sera pour les patients qui souhaiteront bénéficier du traitement.
Les entretiens de la Fondation Recherche Alzheimer se poursuivent le jeudi 22 mai à la salle Andrée Surlemont à Saint-Laurent du Maroni.
L'inscription est gratuite et se fait sur le site de l'organisation.

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