Venezuela : Maduro arme ses miliciens et promet "du plomb" aux Américains
En réponse au déploiement de navires de guerre américains dans les Caraïbes, le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé ses partisans à un entraînement militaire massif ce samedi. Des milliers de volontaires, des adolescents aux retraités, se sont rendus dans les casernes pour "apprendre à tirer".
" S'ils viennent avec leurs machines de guerre, on les recevra avec du plomb ! " La phrase de Pedro Arias, 62 ans, résume l'état d'esprit qui régnait ce samedi 13 septembre dans la capitale vénézuélienne. Comme lui, des milliers de volontaires ont répondu à l'appel du président Nicolas Maduro à se rendre dans les casernes pour s'entraîner au maniement des armes, une réponse directe au déploiement de navires de guerre américains dans les Caraïbes.
Face à ce qu'il qualifie de " menace " américaine, Nicolas Maduro a intensifié ces dernières semaines ses appels à l'enrôlement dans les milices. Samedi, il a explicitement demandé aux réservistes, miliciens et jeunes de se rendre dans les casernes pour " apprendre à tirer " et " défendre la patrie ". Cette mobilisation fait suite au déploiement par les États-Unis de forces militaires dans les Caraïbes dans le cadre d'une opération antidrogue que Caracas considère comme un prétexte à une intervention.
Une mobilisation hétéroclite et déterminée
À Forte Tiuna, l'énorme enclave militaire de Caracas, l'affluence était notable. Bus et voitures ont débarqué des volontaires de tous horizons : employés de la compagnie électrique nationale, " motards socialistes ", membres de l'administration pénitentiaire ou de la télévision publique. La foule rassemblait aussi bien des retraités – dont une " Mamie merveille " et un vieillard en tenue camouflée avec déambulateur – que des jeunes comme Victoria, 16 ans, et Miguel, 17 ans, prêts à " se défendre des gringos à poings nus s'il le faut ".
Si les autorités militaires ont restreint l'accès médiatique au polygone de tir, elles ont ouvert les portes de la célèbre caserne 4F, mausolée de Hugo Chavez. Là, près de 200 personnes suivaient des cours tactiques et stratégiques, apprenant notamment à manier Kalachnikovs et armes de poing. " Je n'ai pas besoin de vieillards. J'ai besoin de gens engagés prêts à prendre le fusil ", lançait un officier aux nouveaux arrivants, précisant que cette guerre ne serait pas faite " de pierres et de pistolets mais d'armes de guerre ".
"Quand le moment viendra, il faudra le faire"
Parmi les volontaires, Jenny Rojas, 54 ans, avocate, assure ne " pas avoir peur " : " Je vais me défendre, je vais défendre ma famille, ma communauté et ma patrie ". Comme elle, beaucoup expriment une détermination sans faille. " Avoir la Kalachnikov entre les mains, ça te donne cette fierté… Quand le moment viendra de prendre les armes, il faudra le faire ", affirme-t-elle, représentative de cette ferveur patriotique attisée par le gouvernement.
Cette mobilisation populaire s'inscrit dans un contexte de tensions extrêmes entre Caracas et Washington. Le président américain Donald Trump a justifié le déploiement militaire par la lutte contre les cartels de la drogue, accusant directement Maduro de diriger un réseau de narcotrafic – ce que ce dernier a toujours nié. En réponse, Maduro a annoncé le déploiement de 25 000 militaires aux frontières et peut compter sur une milice d'environ 212 000 éléments, s'ajoutant aux 123 000 soldats réguliers.
Alors que les deux pays s'observent en chiens de faïence à travers les Caraïbes, le Venezuela de Maduro semble se préparer au pire, transformant sa population en une nation de soldats potentiels, prête à en découdre si " les gringos " venaient à franchir la ligne rouge.

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