Une première marche pour l’émancipation le 6 septembre
Le rendez-vous est fixé à 16 heures, place de la Communauté de destin (officiellement place Schoelcher).
Un appel à « marché pou Lémansipasyon » est lancé pour le vendredi 6 septembre à Cayenne par le Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES).
Le rendez-vous est fixé à 16 heures, place de la Communauté de destin (officiellement place Schoelcher). Le cortège empruntera la rue Louis-Blanc, avant de marquer un arrêt symbolique au mont Cépérou, pour un hommage aux combattants autochtones, la rue Lallouette et le boulevard Mandela puis ils rejoindront les chaînes brisées pour des prises de paroles publiques.
« C’est un moment de fierté et de responsabilité pour notre peuple, pour dire à la face du monde que nous aimons la Guyane et que nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », explique Marc Agésilas, qui fait partie de la jeune relève du MDES. Pour lui, l’émancipation doit être comprise comme une démarche politique, décoloniale et de conscientisation, distincte du simple mot de « liberté ». "Lémansipasyon induit un mouvement, une dynamique alors que la liberté est un mot galvaudé soumis à beaucoup d'interprétation", soumet Fabien Canavy le secrétaire général du parti politique. « La liberté est une finalité, l’émancipation est le chemin », souligne Marc Agsésilas.
Les organisateurs insistent : il ne s’agit pas d’une marche de réaction, mais d’affirmation. « Trop souvent, nous descendons dans la rue en réponse à une décision, un événement, une injustice. Là, nous voulons affirmer une pensée politique : l'émancipation », détaille Dominiqe Montet .
Parmi les thèmes mis en avant : l’accès au foncier pour construire l'avenir et le coût de la vie. « Avec la France, nos priorités passent après celles des autres. Nous voulons une vie moins chère et des terres pour nos enfants. Nous avons sur place les richesses qui permettent notre émancipation », arguent les organisateurs.
L’appel est adressé à toutes celles et ceux « qui croient en la Guyane, à l’amour de notre pays et à la volonté de décider pour nous-mêmes » : militants, sympathisants, associations, syndicats, mais aussi personnalités politiques et élus. Parmi les soutiens annoncés figurent le Front pour l'évolution statutaire, le Komité drapo et le collectif Free Palestine, dans une perspective anti-impérialiste et décoloniale. "Nous sommes localement sous l'emprise de la France et accessoirement de l'Europe, mais nous sommes ouverts au monde et nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe ailleurs", précise Fabien Canavy.
Les organisateurs veulent inscrire ce rendez-vous dans le temps long, avec d’autres marches à venir et des suites politiques. "C'est l'affirmation d'une pensée politique," disent-ils en chœur.
La notion de « marche » a une résonance particulière en Amazonie, rappelle Edmar Pauillac : « De tout temps, les peuples amazoniens rejoignaient les villages à pied, avec des contacts sur l'ensemble du plateau des Guyanes. »

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