Mis en service en 1994, le barrage de Petit-Saut arrive au maximum de ses capacités. Il pourrait être soulagé par un second barrage sur la Mana vers 2030 (photo d'archives)
La Région a approuvé hier le lancement d'études de faisabilité pour un barrage hydraulique sur la Mana.
Le second barrage hydraulique en Guyane est passé hier du statut d'idée à celui de projet. Un projet qui va pouvoir entrer dans sa toute première phase, les études de faisabilité. En plénière, la majorité Guyane 73 a suffi pour adopter la délibération du jour qui autorise entre autre le président de la collectivité à lancer ces études. L'opposition s'est abstenue.
Ce second barrage, imaginé sur la Mana, est un peu la pierre angulaire de la stratégie régionale de transition énergétique, débattue hier au Conseil régional. Elle s'oriente vers un mix énergétique mais reste concentrée sur deux moyens de production principaux : la biomasse et l'hydraulique. « L'objectif, c'est l'indépendance énergétique d'ici 2030 » , assène Hélène Sirder, vice-présidente chargée de l'environnement et du développement durable. 2030, c'est justement l'année à laquelle ce second barrage pourrait entrer en fonction après des années d'études, de préparation et sept à dix ans de construction. D'ici-là, celui de Petit-Saut sera arrivé à saturation. À Degrad-des-Cannes, la centrale thermique devait fermer en 2017. Un sursis lui a été accordé jusqu'en 2023 avec, pour suivre l'augmentation de la demande en électricité, la mise en service d'une quatrième turbine.
INDÉPENDANCE OU COOPÉRATION ?
Si l'opposition s'est abstenue, c'est que ce second barrage ne fait pas l'unanimité. L'écologiste José Gaillou surtout y est farouchement opposé en raison des conséquences environnementales prévisibles mais aussi parce que le barrage de Petit-Saut n'offre pas un exemple de réussite : « C'est le barrage le plus cher du monde en terme d'énergie produite par rapport à la surface inondée. » Mais au-delà du projet de barrage, c'est aussi la stratégie adoptée qui est mise en cause, en particulier l'idée d'indépendance énergétique. Alors que Rodolphe Alexandre dit craindre « de dépendre du Suriname ou du Brésil pour l'approvisionnement en énergie » , Fabien Canavy (MDES) prône justement une coopération avec les pays voisins. Évoquant un projet de câble à très haute tension entre le Guyana et le Brésil devant passer par la Guyane, il propose l'achat d'électricité au voisin brésilien. D'un côté comme de l'autre, les échéances sont longues et la transition énergétique sera surtout menée par la future collectivité unique. Vu les enjeux, elle devrait être au coeur des débats à venir.
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