Propos racistes visant Bally Bagayoko : le gouvernement annonce des poursuites
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Propos racistes visant Bally Bagayoko : le gouvernement annonce des poursuites

Par Christophe VERGER avec AFP c.verger@agmedias.fr
Après les attaques racistes répétées visant le nouveau maire (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le gouvernement a fini par réagir.
Après les attaques racistes répétées visant le nouveau maire (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le gouvernement a fini par réagir. • PAR INSTAGRAM BALLY BAGAYOKO

Après les attaques racistes répétées visant le nouveau maire (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le gouvernement a fini par réagir. Mardi 31 mars, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre ont annoncé des actions judiciaires.

Les tensions sont montées d'un cran ce week-end après deux interventions consécutives sur la chaîne CNews, propriété du milliardaire d'extrême droite Vincent Bolloré. Vendredi, le psychologue Jean Doridot a tenu des propos comparant l'organisation d'une collectivité à celle d'une "tribu" avec un "chef" chargé d'installer son autorité. Samedi, c'est Michel Onfray qui a enchaîné en évoquant "le mâle dominant" et "la tribu primitive". Ces interventions, largement interprétées comme une assimilation raciste du maire noir de Saint-Denis à un chef de tribu, ont immédiatement suscité une vague d'indignation. Le Mrap et SOS Racisme ont annoncé porter plainte et ont saisi l'Arcom.

Pendant plusieurs jours, Bally Bagayoko a déploré l'absence de réaction des plus hautes autorités de l'État. Lundi matin sur France Inter, il avait regretté que "ce qui est plus scandaleux, c'est qu'il n'y a aucune condamnation […] au niveau de l'Élysée". La première réaction gouvernementale est intervenue lundi sur RTL, lorsque le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est dit "très choqué" et a apporté son "soutien" à l'élu. Mardi, devant l'Assemblée nationale, l'exécutif a franchi un nouveau cap. Laurent Nuñez a qualifié les propos d'ignobles et d'absolument inacceptables, annonçant que le gouvernement étudiait la possibilité d'engager des poursuites pénales contre leurs auteurs. "Ces propos-là, nous allons les expertiser, a-t-il précisé, pour déterminer s'il y a discrimination raciale et injure publique. S'il doit y avoir poursuites pénales, il y aura poursuites pénales".

Le Premier ministre annonce une constitution de partie civile

Quelques minutes plus tard, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a ajouté : "Lorsque M. Bagayoko aura porté plainte, je demanderai au préfet de Seine-Saint-Denis de se constituer partie civile à ses côtés". Il a également dénoncé des propos qui participent à la banalisation du mal et du racisme, qui doit être combattue avec la même force que le racisme et sans relâche. Selon l'entourage de l'édile, la plainte à l'encontre de CNews sera déposée dans les prochains jours. Les contacts avec le cabinet du préfet sont déjà établis.

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a condamné des propos qui "ne sont ni anodins, ni neutres : ils s'inscrivent dans une longue tradition raciste consistant à animaliser des personnes, en particulier lorsqu'elles sont issues de la diversité". L'association dénonce une banalisation intolérable du racisme le plus crasse. De son côté, CNews "conteste formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus" et dénonce des extraits tronqués et sortis de leur contexte. Une défense qui n'a convaincu ni les associations, ni les représentants politiques de l'opposition.

Une séquence tendue à l'Assemblée nationale

Lors des questions au gouvernement, trois députés de gauche ont interpellé la majorité. Éric Coquerel (LFI) a accusé certains responsables politiques d'avoir "alimenté une campagne raciste et plus particulièrement négrophobe". Laurent Nuñez a répliqué en déplorant un procès d'intention, affirmant qu’il n'y a pas un membre du gouvernement qui ait tenu des propos racistes. Stéphane Peu, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine, a salué le "calme" et la "dignité" de Bally Bagayoko face à "une déferlante raciste d'une violence inouïe".

Juste avant d'être la cible de cette nouvelle vague de racisme, l'édile de Saint-Denis confiait à Libération : "L'extrême droite et une partie des médias, mais aussi des membres du gouvernement, me frappent parce que je suis attaché à la devise républicaine, "Liberté, Égalité, Fraternité". Et que cette devise est incarnée par un noir, un héritier de l'immigration ouvrière".

Alors que la plainte se prépare et que l'État annonce son engagement aux côtés du maire, l'affaire pourrait désormais connaître un volet judiciaire.

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