S'ils n'ont pas été sollicités par le président du conseil général et l'Église catholique sur la question du salaire des prêtres, Chantal Berthelot et Gabriel Serville entendent se mêler au débat pour favoriser une concertation.
Jusqu'à présent, c'est en observateurs que les députés de Guyane ont suivi le conflit qui oppose l'Église catholique au président du conseil général, Alain Tien-Liong. De fait, n'ayant été sollicités par aucune des parties, Chantal Berthelot et Gabriel Serville n'avaient pas de raison particulière de s'immiscer dans le débat. Toutefois, l'ampleur prise par la controverse devrait les inciter, dans les jours prochains, à provoquer une rencontre avec l'évêque de Guyane, monseigneur Lafont, et le président du Département, dans le but de favoriser l'apaisement et la concertation.
Pour mémoire, Alain Tien-Liong a décidé dans le courant du mois de mai de ne plus verser leurs rémunérations mensuelles aux 26 prêtres de Guyane. Une décision brutale que l'évêque a immédiatement choisi de contester devant le tribunal administratif. À la suite d'une audience des plus techniques, le juge des référés s'est prononcé en faveur de l'Église catholique en suspendant les 26 arrêtés délivrés par le conseil général.
Dès l'annonce de cette décision, Alain Tien-Liong a déclaré qu'il entendait saisir le conseil d'État et réclamer le remboursement de tous les salaires versés aux prêtres depuis la départementalisation, en 1946. Soit près de 70 millions d'euros.
FIXER UN ÉCHÉANCIER
Députée de la 2e circonscription, Chantal Berthelot « regrette la forme un peu sauvage » de la décision prise par le conseil général. « Sur le fond, il serait souhaitable que l'on fasse le nécessaire pour réparer cette anomalie (le versement d'un salaire aux prêtres par le Département), précise l'élue. Il faut dépassionner le débat mais aussi rappeler à chacun ses responsabilités. Même si là, c'est parti au conflit, nous allons regarder ce que l'on peut faire du côté législatif. »
Une intention que Gabriel Serville pousse un peu plus loin. En effet, le député de la 1re circonscription estime qu'il sera sans doute nécessaire « d'interpeller » le gouvernement ainsi que le ministre de l'Intérieur, également ministre des Cultes. Mais avant, le député-maire de Matoury envisage de s'entretenir avec les deux parties. « La situation en Guyane est presque un non-sens, il faut donc trouver une solution mais dans une dynamique de concertation, assure l'élu. Il faut se fixer un délai, un échéancier. »
Par ailleurs, s'ils ne cachent pas leur attachement à la religion catholique, les deux députés ne considèrent pas comme « incongru » le fait que la communauté catholique de Guyane contribue à la rémunération des prêtres. Comme partout ailleurs en France.
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