Lurel refuse de « mettre un genou à terre ».
Victorin Lurel s’est montré inflexible à la sortie du conseil des ministres, ce mercredi matin, sur l’annonce de grève illimitée des gérants de stations-service.
Pas question pour le ministre de l'Outre-mer de laisser "vider le décret de sa substance", ni d’accepter une manœuvre "dilatoire". Il s’est encore déclaré "étonné, choqué" : "on fait mine de croire que la filière est en danger, nous en doutons. Ce n’est pas vrai. Les pompistes n’ont jamais été menacés ; leur reprise [par les pétroliers]… C’est un jeu !"
Victorin Lurel choisi donc de tenir, de ne pas "mettre un genou à terre", autrement dit, ne pas accepter l’ultimatum des gérants qui exigeaient le report de la signature des arrêtés de méthodes prévus au 1er février. Le ministre a rappelé que sur les 99 millions de profits des pétroliers sur les deux zones concernées, le décret vise à les diminuer de 13 millions tout en justifiant les frais.
Des chiffres que réfute Patryck Dumesnil, directeur général de la société Sol Guyane. "Pour 2013, en Guyane, Sol a fait 300 000 euros de bénéfices, ce n'est pas énorme. Nous gagnons 0,9 centime par litre. On parle d'opacité de la fixation des prix, mais chaque ligne est connue par l'État. La vérité c'est que Victorin Lurel veut absolument avoir un décret à son nom..."
Les parlementaires d’outre-mer y sont allés de leur soutien. Ainsi, 24 députés et sénateurs d'outre-mer (Jean-Étienne Antoinette t n’a pas signé) appellent "le gouvernement à ne pas céder face au chantage de la filière carburant en outre-mer". Le fait qu’ils parlent de « filière » montre à quel point ils pensent que les gérants sont encore le jouet des pétroliers.
On peut d’ailleurs remarquer que les gérants ont éprouvé le besoin d’être accompagnés, mardi à Bercy, par trois représentants des pétroliers : MM. Soulas (SMSPP) et Cousineau (GPP) et Francis Jan, directeur général délégué de Total Marketing Services.
"Nous avons étudié les propositions écrites des gérants", a encore affirmé le ministre, mais en posant leur ultimatum, ils ont, selon lui, montré leur véritable objectif : s’opposer au décret Lurel sur les carburants. Une idée bien arrêtée alors même que Christophe de Margerie a déjà laissé entendre, lors de son audition par les députés, qu’il était prêt à lâcher un peu de lest sur ses bénéfices aux Antilles et a la Réunion.
Si les expertises interministérielles qui ont fait suite aux réunions de concertation sont terminées, rien ne s'oppose plus à ce que le gouvernement prenne la décision de signer les arrêtés de méthodes.

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