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Lecornu au ministère des Outre-mer : les réactions de nos parlementaires

Propos recueillis par S.H & P.R. Lundi 6 Juillet 2020 - 17h26
Lecornu au ministère des Outre-mer : les réactions de nos parlementaires

Les Sénateurs Patient et Karam et les députés Adam et Serville réagissent pour France-Guyane au remaniement ministériel qui voit l'arrivée de Sébastien Lecornu au poste de ministre des Outre-mer. 

La liste du gouvernement de Jean Castex a été annoncée ce lundi. Sébastien Lecornu est nommé ministre des Outre-mer et succède à Annick Girardin, qui elle devient ministre de la Mer. Lire ici
• ANTOINE KARAM, SÉNATEUR : « Cela ne change rien »
« Sans vouloir faire de jeu de mots avec Dupond-Moretti, que ce soit Dupont, Durand ou Lecornu qui devienne ministre des outre-mer, cela ne change rien. Cela fait plus de 40 ans que je suis en politique : on voit bien que ce ministère ne sert pas à grand-chose et qu'il n'est pas écouté. L'État envoie les ministres des outre-mers éteindre des incendies lorsqu'il est déjà trop tard. Je ne juge pas l'homme, que je connais bien, mais sa politique sera définie par l'exécutif. Pour nous Guyanais, la priorité est avant tout le changement de statut. Qu'on en finisse enfin avec le Jacobinisme. La balle est dans notre camp. À nous reprendre le travail pour aller vers un statut sui generis qui permette d'évoluer tout en travaillant en harmonie avec l'État français ».



• LÉNAÏCK ADAM, député de la 2e circonscription : « Il faut réformer le fonctionnement de ce ministère »
« Je tiens tout d’abord à saluer le travail d’Annick Girardin dans ce ministère, explique d’emblée Lénaïck Adam, député de la 2e circonscription de Guyane. Sébastien Lecornu est quelqu’un que je connais très bien, avec qui j’ai déjà travaillé. Je l’ai rencontré la semaine dernière à son ministère », ajoute-t-il, satisfait de cette nomination au ministère des Outre-mer.

« J’espère ce ministère des Outre-mer aura des moyens renforcés pour traiter correctement les questions des Outre-mer car à chaque fois, il faut passer par des arbitrages dans les différents ministères. Ce n’est jamais simple ». Le député espère aussi « qu’on aura une dynamique beaucoup plus politique dans les deux dernières années du quinquennat qui restent ».

Un directeur de crise indépendant
Sur une éventuelle venue du nouveau ministre pour gérer l’épidémie, Lénaïck Adam trouverait « intéressant qu’il vienne installer les nouveaux directeurs qui vont gérer la crise sanitaire en Guyane. Il faut que tout soit clair, que ce nouveau directeur soit indépendant, ce qu’il doit être car il est nommé au niveau interministériel. Mais, ce qu’il ne faut pas, c’est qu’on nous ajoute un problème à un autre problème. Si avec le préfet et la directrice de l’Ars chacun gère de son côté ou à peu près ensemble et qu’on nous ajoute un nouveau dans la ligne je pense que ce sera davantage difficile. Il faut bien éclaircir cette position rapidement ».

« Un changement de cap »
« Ce que nous attendons c’est qu’il fasse des choses pour nos territoires, qu’il nous fasse obtenir des choses, c’est ce qui nous intéresse. Il faut qu’on change de cap et que les Outre-mer soient plus valorisés, que ce soit au sein du gouvernement ou dans l’action. Il faut recentraliser ces territoires au cœur du dispositif République. »

Et le député d’ajouter : « Les ministres des Outre-mer sont chaque fois volontaires mais il faut souvent qu’ils aillent quémander auprès des autres ministres. Il faut réformer le fonctionnement de ce ministère. Qu’on leur donne leurs propres moyens. A une autre époque, Dominique Perben (nldr : Ministre des Départements et des territoires d'Outre-mer de Mars 1993 à mai 1995) avait ses propres lignes budgétaires maintenant il faut aller chercher des arbitrages à l’Elysée, Matignon ou encore Bercy (ndlr : ministère des Finances) et personne ne vous comprend. Il faut se battre dans ce sens. »


• GABRIEL SERVILLE, député de la 1re circonscription : « Je crains que ce soit un mauvais signal »
Le député de la 1re circonscription explique tout d’abord que « le départ d’Annick Girardin était pressenti. Elle avait manifesté la volonté d’aller œuvrer dans une autre direction. »

S’agissant de la nomination « de Monsieur Lecornu, alors que d’autres noms circulaient, dans les couloirs de l’Elysée, je crains que ce soit un mauvais signal, qui tendrait de transformer le ministère des Outre-mer en ministère des colonies et qui nous ferait faire un gros retour en arrière. Là, on va s’occuper des Outre-mer mais sans les Outre-mer, prévient le député». Et d’ajouter qu’il n’y a « pas d’obligation de nommer quelqu’un avec une fibre, une sensibilité particulière avec les Outre-mer, mais il n’empêche que dans la conjoncture que nous vivons cela aurait été mieux. »

Gabrielle Serville espère que le nouveau ministre « va rapidement rentrer dans son nouveau costume. Il a été secrétaire d’Etat à la transition écologique et qu’il a été récemment au ministère des collectivités territoriales, donc ça lui a permis de certainement d’engranger un maximum de compétences de savoir-faire qui lui permettraient d’appréhender très rapidement les dossiers urgents que connaissent les Outre-mer. Je pense notamment à la Guyane, avec la crise sanitaire, aux Antilles avec le scandale de la Chlordécone, à la Nouvelle-Calédonie avec le référendum de décembre, au processus d’évolution statutaire en Guyane. »

« On a besoin d’avancer »
Le parlementaire dit aujourd’hui s’appuyer sur « les propos du Premier ministre qui dit qu’il faut favoriser le dialogue, les acteurs de terrain, avec les territoires et que rien ne peux se décider depuis Paris. Ça laisse à penser que le nouveau ministre aura une feuille de route dans laquelle on va lui demander de faire preuve de l’empathie nécessaire et de l’écoute absolument nécessaire de ceux qui sont déjà les acteurs des territoires d’Outre-mer. On a besoin d’avancer, notamment par rapport à la crise sanitaire qui sévit sur le territoire de la Guyane. »

« Il va falloir qu’il s’empare rapidement du dossier de la crise sanitaire en Guyane qui est d’une relative complexité. Souvent à Paris les personnes ont tendance à minimiser ce qui se passent sur le territoire de la Guyane. Son prédécesseur a déjà nommé un directeur de crise, M. Latron. Ce que j’espère c’est que Sébastien Lecornu sera en capacité d’accélérer son arrivée. Si M. Lecornu peut venir ce serait bien. Mais ce n’est pas sa venue qui pourra accélérer le processus vers la sortie de crise. Il faut qu’il ait un contact étroit avec les parlementaires, le préfet et les acteurs de terrain. »

« Une arrivée qui me fait plaisir »
« Il y a une arrivée qui me fait plaisir au sein de ce gouvernement, c’est celle de Madame Barbara Pompili, au ministère de l’écologie. J’ai beaucoup travaillé récemment avec elle car elle est présidente de ma commission développement durable et aménagement du territoire. Sur toutes les problématiques guyanaises liées à l’environnement, à l’exploitation aurifère, le projet Montagne d’or, la valorisation de notre biodiversité… elle avait établi un projet, en 2016, intéressant qui passait en revue les leviers qui pourraient nous permettre de positionner la biodiversité de la Guyane comme un vrai moteur de développement économique et social. J’espère que sa nomination sera un avantage pour la Guyane. »
• GEORGES PATIENT : "L'écologie ne doit pas empêcher le développement économique de la Guyane"
« Je m’attendais à la nomination de Sébastien Lecornu, son nom circulait depuis longtemps maintenant. Ce n’est donc pas une surprise. La nomination d’Annick Girardin au ministère de la Mer est plus surprenante. Je connais Sebastien Lecornu depuis longtemps, j’ai pu travailler avec lui, notamment sur mon rapport sur les finances locales. Il est un connaisseur des questions ultramarines. Au niveau du symbole, on rompt ici avec la « tradition » instaurée par Nicolas Sarkozy de placer un ultramarin au ministère des Outre-mer. Est ce que cela sera positif ? Je n’en sais rien. Sur le plan politique, il mènera la politique qui lui sera dictée. Nous faisons toujours face à une gestion trop centralisée, loin des attentes locales. Je suis partisan d’une évolution statutaire. Le traitement de la crise du Covid en Guyane nous prouve encore que nos spécificités ne sont pas prises en compte, malgré nos recommandations et celles des élus locaux. Sur le plan économique, je reste également vigilant. Les considérations écologiques ne peuvent pas être un frein au développement économique de la Guyane. La loi Hulot nous empêche aujourd’hui de faire des forages pétroliers. Nos orpailleurs légaux connaissent de grandes difficultés pour travailler… La Guyane ne doit pas servir de valeur d’ajustement à un gouvernement qui aura besoin du vote des écologistes pour l’emporter en 2022. »



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6 commentaires

Vos commentaires

francoisrob 07.07.2020

Monsieur Patient qui sur Guyane Première se plaint du virage à droite du gouvernement, tient là un discours économique résolument à gauche!!!

On n'est pas à une ridicule contradiction près...

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mikeromeo 06.07.2020

Karam qui veut l'indépendance alors que les électeurs disent non.
Adam qui est LREM et est le seul lucide au niveau du budget.
Serville qui voulait le poste.
Patient qui veut du béton partout, mais pas chez lui à Mana.

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Féfé973 07.07.2020

Changement de statut ne signifie pas indépendance, il faut arrêter de tout caricaturer.

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mikeromeo 07.07.2020

C'est pareil : Ils sont tous fonctionnaires d'Etat ou élus et veulent plus de pouvoir. Qu'ils utilisent déjà le leur pleinement.

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Vendeta973 08.07.2020
FAudrait qu’ils bossent,

Je ne parle pas comme nous tout les jours, non, qu’ils étudient à minima leurs dossiers
Et là entre deux aller/retour entre paris et cayenne,
C’est pas facile

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Ergo sum 09.07.2020

Karam parle très bien : il a eu au moins l'intelligence de s'instruire sur les forums guyanais. Il a appris les mots et a compris les idées, à la différence d'un Alexandre qui n'a retenu que des mots, sans les comprendre.
Pour autant c'est encore très insuffisant. Les seconds couteaux ne servent pas, ces gens restent des incapables.

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