L’ambassadeur de France au Suriname se livre avant son départ
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SURINAME

L’ambassadeur de France au Suriname se livre avant son départ

Propos recueillis par Éric GERNEZ, à Paramaribo
Antoine Joly à Paramaribo
Antoine Joly à Paramaribo • EG

Antoine Joly, l’ambassadeur de France au Suriname et au Guyana, accorde une interview à France-Guyane à l’occasion de son départ. Après quatre années marquantes, il termine sa mission au Suriname et au Guyana. C’est aussi l’occasion de mettre un terme à sa carrière de diplomate. Il nous a reçu à la résidence de France. Il sera bientôt remplacé par Pierre Lanapats.

Au 21e siècle, il n’est pas ordinaire pour un ambassadeur d’explorer et de tracer une frontière nationale, quel aura été votre rôle ?

Il a d’abord été de découvrir, après des incidents sur le fleuve suite à des destructions opérées par les forces françaises en octobre 2018, que la frontière que nous utilisions sur nos cartes n’était pas conforme au traité, lorsqu’ il en existait un, et avait été définie de manière unilatérale lorsqu’ aucun traité n’en fixait la règle. Il y avait donc un vide juridique, une sorte de zone de non droit pour le fleuve et surtout toutes les iles du Maroni et de la Lawa, dont certaines sont peuplées de centaines d’habitants. J’ai donc proposé qu’on reprenne la question de la délimitation et de la démarcation de la frontière là où le droit international l’avait laissé, avec l’arbitrage du tsar en 1891 pour la Lawa et une grande partie du Maroni, et la convention de 1915 pour une autre partie du fleuve Maroni entre les iles de Portal et Stoelman. Cette proposition été acceptée des deux côtés et nous nous sommes donc lancés dans la négociation qui a duré 2 ans et demi et s’est achevée par la signature de cette frontière enfin exactement définie en mars dernier à Paris.
À cette occasion vous êtes allés personnellement sur le fleuve Maroni. C’est un environnement particulier, quels ont été les moments humains les plus marquants ?

Je suis en effet allé, d’abord reconnaitre les lieux...