« La montagne a accouché d’un éléphant »…
Journée marathon ce mardi à la Collectivité territoriale de Guyane, où les élus et le collectif ont mis presque neuf heures pour voter une motion de 4 articles. Débats que vous avez pu vivre en direct sur notre site internet. Les moments forts de cette journée :
Article 2 : Le Congrès des élus de Guyane propose la mise en place d’une commission qui aura pour rôle d’élaborer un Projet Guyane sur la base des propositions issues des Etats généraux de la Guyane et des contributions débattues lors du Congrès des élus du 27 novembre 2018.
La composition de cette commission sera arrêtée par la CTG. Elle comprendra notamment les signataires de l’Accord de Guyane, les porteurs des contributions débattues lors du Congrès des élus de Guyane, les représentants des Chambres consulaires, des socioprofessionnels, du CESECEG et du Grand Conseil coutumier.
Article 3 : Le Congrès des élus de Guyane demande à la CTG de saisir le Premier ministre pour l’organisation d’une consultation populaire en vue d’une évolution statutaire, conformément à l’Accord de Guyane.
Article 4 : Le Congrès des élus de Guyane demande à la CTG de saisir le Premier ministre pour un renforcement des compétences de la CTG au travers d’une loi pour la Guyane.
• 14h45 : Les esprits s'échauffent : deux des vice-présidentes de la CTG Audrey Marie et Isabelle Patient ont réagit aux propositions du Front. Elles dénoncent des "attaques à la démocratie". Audrey Marie s'en est aussi vivement prise au député Gabriel Serville. Ce dernier lui a répondu :
• 14h20 : Jocelyn Ho-Tin-Hoé : "La proposition de Maître Donzenac est une base sur laquelle il faut travailler".
• 14h15 : Antoine Karam lit un mot à Georges Patient qui a dû partir. "Oui aux lois pays. Oui à la consultation populaire".
• 14h15 : Maître Donzenac a présenté le projet porté par le Front, sur la base des conclusions des états généraux.
• 13h35 : Patrick Lecante, maire de Montsinery-Tonnegrande, revenu dans l'hémicyle, explique son absence : "Une famille guyanaise se faisait expulser par la Siguy. Comment se fait-il que nous ne soyons plus à la tête d'aucun des bailleurs sociaux?", faisant référence au projet Guyane.
• 13h20 : Jean-Paul Ferreira, maire d'Awala-Yalimapo depuis 2001 : "Chirac kouyonen nou, Sarkozy malmennen nou, Hollande ari di nou tèt et Macron ka ba nou'l san gress!".
• 13h20 : Rodolphe Alexandre propose qu'à la prochaine assemblée de remettre la résolution des élus qui sera prise aujourd'hui, à savoir révision du mode de gouvernance de la Guyane. "Nous sommes pour la consultation. Nous demanderons une saisine au gouvernement en vue d'une révision des lois et des adaptations".
Extrait Accord de Guyane du 21 avril 2017 : "Le gouvernement peut être saisi par le Congrès des élus de Guyane d'un projet statutaire ou institutionnel..."
• 12h50 : Reprise des débats.
• 11h55 : Restitution du rapport des états généraux : 5 332 km parcourus, 888 inscrits, 200 heures de réunions, 256 614 euros de factures. Ce rapport est disponible en version numérique "dans toutes les médiathèques de Guyane".
• 11h50 : Maître Lingibé : "Quelque soit la résolution prise aujourd'hui, elle n'aura pas de valeur décisionnelle. Le congrès est un lieu d'échanges".
• 11h05 : Le président de la CTG Rodolphe Alexandre prend la parole et aborde l'ordre du jour. Il se lève et va au pupitre : "Premier point à aborder : pourquoi ce congrès ? Pourquoi autant de véhémence, d'insultes ? Il était prévu et a été décidé en assemblée pleinière. Le congrès permet de réunir tous les élus. La question essentielle de ce congrès est d'abord une instance de débat et d'échanges. il n'a pas de pouvoir juridique et n'a pas de pouvoir de décision. J'assume d'introduire le rapport du Front dans l'ordre du jour".
• 10h45 : Le député Gabriel Serville prend la parole. Il est le premier des élus à se lever pour aller au pupitre : "Je me mets à ma place", lance-t-il. "Il faut dédramatiser et démystifier certaines choses. À l'Assemblée Nationale, le député passe son temps à dire que ce qui y est voté ne correspond pas à la réalité guyanaise. En mars 2017, on nous a traités de voyoux et de casseurs. Si l'on veut voir des casseurs, il faut regarder ce qu'il se passe actuellement en France hexagonale en marge du mouvement des gilets jaunes. La question de l'évolution statutaire n'est pas une question de politique politicienne. C'est une question de bon sens. Il nous faut des lois et des réglements qui nous ressemblent. Il est temps de faire cette analyse collective. La France s'est engagée à réviser sa constitution. On n'a jamais demandé l'indépendance de la Guyane. Mais une autonomie adaptée ".
• 10h35 : Absent, le député Lénaïck Adam, a fait parvenir un message vidéo à l'assemblée : "Une autonomie mieux ajustée est une condition sine qua non à une meilleure intégration à la République. J'introduis l'idée d'une double clef statutaire. Une fois le cadre choisie, le vote revient aux électeurs. Toutes les options de statuts sont ainsi possibles. Dès lors que les électeurs le choisiront. Le véritable courage poltique est de ne pas penser aux élections prochaines mais aux générations prochaines".
• 10h20 : Le sénateur Antoine Karam prend la parole : "Le protocole d'accord nous engage et nous oblige. À l'issue des états généraux, nous disposons du livre blanc et du projet Guyane. J'ai l'impression que certains points de ces documents datent des états généraux de 1998. Nous connaissons depuis une cinquantaine d'années nos difficultés. L'État français n'entend pas les élus que nous sommes. C'est la rue qui règle les problèmes en Guyane. C'est ce constat qui nous réunis ici. Je reprend à mon compte les paroles du Dr Aliker : "les meilleurs spécialistes des questions guyanaises, ce sont les Guyanais. Toute loi qui pourrait être assimiler à une loi ordinaire, ne serait qu'un article 73 +. Nous avons besoin d'une loi constitutionnelle accompagnée d'une loi organique. En janvier 2010, les électeurs guyanais ont refusé l'autonomie à long terme. Le débat avait été dévoyé. L'évolution statutaire n'a jamais été autant d'actualité".
• 10h10 : Le sénateur Georges Patient prend la parole : "Nous avons franchi une étape essentielle sur la question de l'évolution institutionnelle depuis la création de la collectivité unique. Ce n'est pas un aboutissement. Le système actuel ne peut répondre aux difficultés de la Guyane. Ce n'est pas une question d'homme. Le développement actuel de la Guyane repose sur les finances publiques issues de la France. Il s'agit de maintenir la Guyane dans un état de dépendance étroite vis-à-vis de la France. Avec la crise financière de l'État, nous ne pouvons plus nous en contenter. La société guyanaise se paupérise. Celui qui paie commande. Ce qui fait de nous Guyanais de simplies pions. Notre développement nous devons le penser nous-mêmes. La Guyane n'est pas une île de petite superficie comme les autres DOM. Nous ne pouvons plus nous en remettre à d'autres. Il ne faut pas croire que les paroles suffiront. Nous devons renverser une situation séculaire. La Guyane fait partie de la France, mais doit conquérir son autonomie, faute de quoi elle restera le mauvais élève que l'on a besoin d'aider. L'article 74 est le seul chemin vers l'autonomie dans le cadre de la République, avec un réel pouvoir d'initiative. Cela passe par l'adoption d'une loi organique. Cela ne pourra pas se faire sans l'aval de la majorité des Guyanais".
• 10h00 : Jules Deie, maire de Papaichton prend la parole : "Le projet Guyane doit toucher l'ensemble de la Guyane et doit faire briller l'ensemble des hommes et des femmes de ce territoire".
• 09h55 : Sophie Charles, maire de Saint-Laurent et présidente de la CCOG prend la parole : "Consultation de la population sur le projet Guyane et la question statutaire. L'essentiel reste pour moi la définition du projet Guyane. Seul ce projet permettra à la Guyane de décoller. Sa réussite n'est possible que si la population y adhère".
• 09h50 : Paul Dolianki, maire d'Apatou prend la parole : "La restitution des états généraux prouve bien que la CTG a tenu sa promesse de donner la parole à la population. Que ces doléances soient respectées. Je suis très réservé sur la position du Front. Le projet du Front prévoit qu'en plus des communes, des communautés de communes et de la collectivité, le territoire soit divisé en quatre districts. En tant que maire d'une commune éloignée, je ne perçois pas les bienfaits d'une nouvelle recomposition territoriale. Seul le projet de société est essentiel. Comment faire de notre Guyane un territoire d'exception ? "
• 09h45 : Jean-Claude Madeleine, maire de Sinnamary prend la parole : "Les évenements de mars 2017 concernaient également les élus de Guyane et manifestaient une énorme crise de confiance envers nous. Nous devrons la consultation populaire sur la question de l'évolution statutaire à l'ordre du jour. Afin de renouer le lien de confiance entre la population et ses élus".
• 09H40 : Marie-Laure Phinera-Horth, maire de Cayenne et présidente de la CACL prend la parole : "Notre devoir est de ne pas gâcher ce moment du 28 mars 2017. Que ce congrès ne soit pas un congrès de plus. Au-delà de la question statutaire, l'enjeu du jour est de répondre à cet accord de Guyane. Il faut rechercher de nouveaux rapports avec la France. Le cadre doit changer. Restons unis et prenons exemples sur nos collègues réunionnais.
• 09h30 : Le président de l'association des maires et maire de Roura David Riché prend la parole : "Je ne suis pas en mode électoral mais en mode Guyane. Il nous défaire un noeud, inscrit dans cet accord de Guyane, que nous avons signé. Nous devons nous fier à cette feuille de route et qui prévoit la question de l'évolution statutaire. La population choisira et dictera son choix. (...)".
• 09h00 : Le président de la CTG Rodolphe Alexandre lance le congrès. La vice-présidente Hélène Sirder fait l'appel. Sont absents : le député Lénaïck Adam, la maire de Saül Marie-Hélène Charles, Pierre Désert, maire de Régina, la maire de Saint-Elie, Véronique Jacaria, le maire de Rémire-Montjoly Jean Ganty et le maire de Kourou François Ringuet.
• 08h55 : Patrick Lecante, maire de Montsinéry-Tonnégrande quitte la CTG pour régler un problème avec une administrée de sa commune "en train d'être expulsée par la Siguy" (voir notre live ci-desssous). Il n'assistera pas à l'ouverture des débats.

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