CIOM : la Guyane dit son ras-le-bol rue Oudinot
Une délégation guyanaise de haut niveau est venue ce jeudi au ministère des Outre-mer, rue Oudinot à Paris, à l'invitation du ministre délégué Philippe Vigier : l'occasion pour les élus et notamment le président de la CTG, Gabriel Serville, de dire toute leur exaspération face aux politiques publiques actuelles de l'État.
Finalement, Gabriel Serville était bien au rendez-vous du « bilan d'étape du Comité interministériel Outre-mer (CIOM) », rue Oudinot, ce jeudi 23 novembre à Paris. Alors que son homologue de Martinique, Serge Letchimy, a préféré boycotter la rencontre organisée par le ministre délégué Philippe Vigier, le président de la CTG a choisi l'affrontement. « Les discussions étaient tendues voire houleuses, racontait-il à la sortie de la réunion de travail de deux heures avec Philippe Vigier et son équipe. Nous avons tenu à faire entendre à Monsieur le ministre que la Guyane vit des problématiques particulières. Aujourd'hui, j'avais l'impression de faire des courses et de mettre des sujets dans un caddie, alors qu'il nous faut une vision globale et une réponse aux questions de fond qui se posent. Les Guyanais n'ont pas fait pour rien le choix, depuis plusieurs années, d'aller vers une évolution institutionnelle. Depuis de très nombreux mois, on a l'impression de stagner ! Il faut changer la relation entre Paris et les Outre-mer et entre Paris et la Guyane en particulier ! »
À la sortie de cette réunion de travail, le député de Guyane Jean-Victor Castor, adoptait un ton encore plus offensif : « Je n'ai pas cessé de dire que la Guyane est pays, qu'on le veuille ou non ! Le CIOM n'a pas été fait pour nous : pour moi, cette réunion de travail est l'occasion d'une tribune, alors je m'en saisis. Ce n'est pas comme si nous aurions le chaos si nous ne faisions rien : nous sommes déjà dans une situation chaotique. Notre situation démographique est catastrophique. On ne peut continuer à faire des réformettes et le CIOM c'est ça... Cela ne répond pas à nos attentes. »
"Que ce qui a été promis soit réalisé"
Loin des problématiques d'évolution institutionnelle, le ministre délégué Philippe Vigier tenait une autre ligne. « Chacun s'exprime avec les mots qu'il veut, tenait-il à préciser juste après la réunion de travail guyanaise. Sur les sujets d'évolution institutionnelle – et ce n'était pas le thème aujourd'hui – le président de la République a donné un cap et deux personnalités qualifiées seront prochainement nommées afin de travailler sur cette question. »
Mis en cause plus tôt dans la journée par l'exécutif martiniquais, sur le fond et sur la forme, le ministre délégué aux Outre-mer Philippe Vigier s'est encore défendu : « C'est un moment très important : c'est le premier bilan du CIOM tel qu'il a été voulu et écrit par les collectivités ultramarines après l'appel de Fort-de-France. Il s'agit d'un format très ouvert où nous pouvons parler de tout. Nous avons regardé les mesures opérationnelles et celles sur lesquelles nous allonrs travailler. Nous avons aussi parlé de santé, de l'octroi de mer, d'agriculture... Notre méthode dans ce gouvernement est de faire en sorte que ce qui a été promis soit réalisé. »
Dans la communication officielle du gouvernement, sur les 72 mesures annoncées en juillet dernier par la Première ministre lors du Comité interministériel Outre-mer (CIOM), six sont décrites comme « effectives ». C'est le cas par exemple, de « l'augmentation de l'aide à la rénovation au logement pour les propriétaires modestes » ou encore de la « réforme de la politique de continuité territoriale et de Ladom ».
L'immense majorité des mesures annoncées lors du CIOM reste à réaliser. Les élus de Guadeloupe sont attendus ce vendredi rue Oudinot, pour faire leur propre bilan du CIOM, rue Oudinot.

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