Un drone maritime ukrainien explose dans un port roumain sans faire de blessés
Un drone maritime ukrainien a explosé vendredi matin dans le port roumain de Constanta sur la mer Noire, s'autodétruisant sans faire de victimes après avoir été dérouté selon Kiev par le brouillage russe vers ce pays membre de l'UE et de l'Otan.
Bucarest et l'UE ont dénoncé la responsabilité de la Russie et de la guerre lancée en 2022 contre l'Ukraine dans ces incidents de sécurité qui se multiplient, une semaine après qu'un drone aérien imputé cette fois à la Russie s'est écrasé sur un immeuble d'habitation, faisant deux blessés.
L'engin maritime qui a explosé vendredi "est du type utilisé dans la guerre en Ukraine" et "ne fait pas partie de l'inventaire de l'armée roumaine", a souligné le ministère roumain de la Défense, ajoutant qu'il s'était "autodétruit vers 10H30 (07H30 GMT) sans faire de victimes".
L'Ukraine a confirmé que le drone en question était un des siens, selon elle "perturbé" par le brouillage électronique russe.
Le porte-parole du ministère ukrainien des affaires étrangères, Gueorguiï Tykhy, a indiqué que Kiev avait "informé en temps utile la partie roumaine de la présence d'un drone naval ayant perdu le contrôle en raison du brouillage russe", ajoutant qu’une coordination efficace avait permis de prendre "les mesures nécessaires pour éviter tout dommage aux civils".
L'ambassade de Russie en Roumanie avait rapidement nié toute responsabilité de Moscou, rejetant "toute tentative de relier ces drones, directement ou indirectement, à la Russie", et attribuant l'incident à l'Ukraine.
Quatre drones maritimes au total
Les responsables roumains ont ensuite indiqué que l'Ukraine les avait informés de la perte de contrôle de quatre drones au total.
"En plus du drone qui s'est autodétruit dans le port de Constanta, un deuxième s'est autodétruit (...) au large du port de Constanta, et deux autres drones ont explosé à environ 145 km à l'est de Constanta", a écrit le président roumain Nicusor Dan sur X.
Cet incident intervient une semaine après qu'un drone, aérien cette fois, et identifié par Bucarest comme russe, a percuté un immeuble à Galati, près de la frontière avec l'Ukraine, blessant légèrement un adolescent de 14 ans et sa mère de 53 ans.
Nicusor Dan avait désigné la Russie coupable précisant dimanche que l'engin était un Geran-2, une version russe du drone iranien Shahed dont la technologie a été fournie par Téhéran à Moscou.
Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte avait dénoncé le "comportement irresponsable de la Russie".
"Conséquences directes" de la guerre
Des incursions de drones en Roumanie ont été détectées à des dizaines de reprises depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en 2022, mais c'était la première fois qu'un immeuble résidentiel était touché.
Vendredi, l'Alliance a indiqué surveiller la situation après avoir été informée de l'incident de Constanta par la Roumanie.
"Nous continuons à nous coordonner étroitement avec les autorités roumaines", a déclaré un responsable de l'OTAN.
M. Dan a souligné qu'il s'agissait "du deuxième incident de sécurité significatif cette semaine le long de la côte roumaine", évoquant une mine marine découverte sur une plage.
"De telles situations particulièrement graves sont les conséquences directes de la guerre d'agression déclenchée par la Russie contre l'Ukraine", a-t-il ajouté.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également déclaré que l'incident était une conséquence directe de la guerre de la Russie contre l'Ukraine. "Elle représente de plus en plus une menace directe pour les pays de notre frontière orientale", a-t-elle écrit sur X.
Le chef du Département roumain des situations d'urgence, Raed Arafat, a précisé que le drone maritime avait été détecté vers 06H00 (03H00 GMT).
"La zone a été bouclée et les autorités compétentes ont sécurisé le site", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, ajoutant que deux hélicoptères avaient survolé la zone pour vérifier la présence éventuelle d'autres drones. Les habitants et touristes ont reçu des alertes téléphoniques leur demandant d'"éviter la zone côtière dans un rayon d'un kilomètre", a-t-il encore dit.
Au total, environ un millier de personnes ont été évacuées, selon les services de secours.
ani-oaa/lpt

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters