A69: mise en service annoncée début novembre, nouvelle mobilisation ce week-end dans le Tarn
Le concessionnaire de l'autoroute A69, Atosca, a annoncé vendredi soir la mise en service "la première semaine de novembre" de cette artère contestée devant relier Castres à Toulouse, alors qu'une nouvelle mobilisation des opposants a commencé à se dérouler dans le Tarn.
"Les travaux de l’A69 seront achevés la semaine prochaine, conformément au calendrier prévu", a affirmé l'entreprise dans un communiqué, précisant que "des contrôles de sécurité sont en cours et se poursuivront pendant les 15 jours suivants".
"La mise en service pourra donc intervenir la première semaine de novembre", a souligné Atosca, qui, interrogée jeudi, indiquait encore ne pas être en mesure d'"annoncer de date précise à ce stade".
Cette communication intervient alors qu'un groupe d'opposants a commencé à se réunir dans le Tarn pour un week-end de mobilisation annoncé depuis plusieurs semaines.
"On a à peu près une centaine de personnes sur place et une cinquantaine de véhicules, une trentaine de (personnes à) vélos sont venus depuis Toulouse pour rejoindre ce campement", a affirmé vendredi soir le préfet du Tarn, Simon Bertoux, lors d'une conférence de presse.
Dès jeudi, des militants anti-A69 en charge de l'organisation de ce rendez-vous avaient pris position dans une zone agricole privée, située sur la commune de Cambounet-sur-le-Sor (Tarn), à un peu plus d'un kilomètre de la future autoroute, a appris l'AFP auprès d'une de leurs porte-parole et de la préfecture du Tarn.
"La Dé-fête"
Cette dernière avait, dans la matinée de jeudi, menacé d'évacuer par la force un premier campement installé "de façon provocatrice, sur un terrain situé le long de l'autoroute", a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Pour les promoteurs du rassemblement, cette mobilisation, baptisée "la Dé-fête" et organisée sur trois jours, est une occasion de célébrer, même si les travaux sont en passe de se terminer, ce qui a pu naître dans les mois de contestation contre un projet d'infrastructure qu'ils jugent écocide et d'un autre temps.
"Dans ce mouvement, toutes les occasions ont été belles pour lutter et cela a résonné un peu partout, donc ce weekend c'est pour commémorer tout ça, promouvoir les belles choses qui ont émergé de ce combat, malgré le fait que localement, la nature a disparu pour laisser place à cette grosse merde de bitume", a expliqué à l'AFP un des organisateurs.
Vendredi, le préfet du Tarn a indiqué que "les manifestants déclar(aient) vouloir accueillir à peu près 1.000 à 1.500 participants", estimant cet ordre de grandeur "plausible".
"Il y aura des manifestants pacifiques (...) mais nous savons aussi que dans cette manifestation seront présentes un certain nombre de personnes du milieu radical que l'on a malheureusement connues lors de manifestations précédentes contre l'A69 et qui nous obligent à être extrêmement vigilants", a affirmé le préfet.
Dispositif policier "robuste"
"Plus de 800 policiers et gendarmes" seront mobilisés samedi, a-t-il détaillé, qualifiant ce dispositif de "robuste".
Le préfet avait pris samedi dernier un arrêté d'interdiction de rassemblement sur les zones les plus proches de l'autoroute dans les 17 communes traversées par son tracé, arguant du fait que "la mobilisation militante contre l'autoroute A69 a donné lieu à des troubles à l'ordre public répétés et de gravité croissante sur la période 2022 - 2025".
Les anti-A69 mobilisés souhaitent organiser une manifestation sur la voie publique depuis leur campement samedi après-midi et ont échangé en ce sens avec la préfecture.
"Nous sommes tout à fait ouverts à achever les discussions pour trouver un parcours (...) pour que les manifestants puissent exprimer sur la voie publique leurs revendications mais le tout dans des conditions strictement pacifiques", a affirmé à cet égard M. Bertoux.
Il y a un an, le ministre des Transports Philippe Tabarot avait annoncé la mi-octobre comme l'échéance prévue pour l'inauguration de ce tronçon autoroutier de 53 km qui, depuis le début des travaux, a fait l'objet d'une vive contestation.
Interrogé sur l'échéance annoncée vendredi par Atosca, le préfet du Tarn a répondu : "S'ils font cette annonce, c'est qu'ils seront prêts à cette date-là et je m'en réjouis".
elr/cal

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