Un Colombien jugé pour avoir participé à l’évasion d’un « baron de la drogue »
Un Colombien de 47 ans a été interpellé le 4 mars à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. L’homme est suspecté d’avoir participé à l’évasion de Walter Pérez Caruso,le 8 décembre 2016, au CHU de la Martinique.
Le 8 décembre 2016, alors qu’il était transféré de la prison de Ducos vers l’hôpital Pierre Zobda-Quitman pour y être soigné, un détenu uruguayen de 60 ans avait réussi à s’évader. Jusqu’à ce jour, Walter Perez Caruso, considéré comme un « baron de la drogue » et interpellé en haute mer lors d’une livraison de 838 kilos de cocaïne en 2012, n’a jamais été retrouvé.
Le matin du 8 décembre 2016, trois hommes casqués et « lourdement armés » s’étaient attaqués à un fourgon de l’administration pénitentiaire, qui venait de stationner devant le Samu. Deux des trois fonctionnaires de l’escorte pénitentiaire venaient de poser pied à terre avec leur prisonnier menotté lorsqu’ils ont été pris à partie par ces individus très menaçants et s’exprimant avec un fort accent hispanique. Les braqueurs auraient alors tenu en joue les agents, pointant leurs armes sur leur visage. C’est le détenu lui-même qui aurait ordonné aux agresseurs de ne pas tirer.
Les trois hommes et le prisonnier avaient rapidement quitté les lieux à bord de deux motos, de type scooter 250 cm 3 . Malgré un plan Épervier rapidement déclenché, ils n’avaient pu être rattrapés. L’enquête n’a jamais permis de mettre la main sur les trois membres du commando et sur Walter Perez Caruso. Un mandat d’arrêt international avait été lancé contre eux.
Les quatre hommes ont été jugés par défaut le 18 octobre 2024. Le Colombien arrêté le 4 mars avait alors été condamné à 6 ans de prison.
Il ignorait sa condamnation
Il a été interpellé par les agents de la police aux frontières de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle alors qu’il rentrait de la Colombie. « Il ignorait sa condamnation et il rentrait en France, avec ses papiers. Du coup, comme il y avait le mandat d’arrêt, les policiers de la PAF ont pu l’arrêter » explique Maître Louis-Joseph Sutty, avocat de trois agents pénitentiaires de Ducos qui faisaient partie de
l’escorte.
Incarcéré le 5 mars 2025 au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, l’homme de 47 ans a été transféré le 10 mars au centre pénitentiaire de Ducos à la demande du parquet de Fort-de-France.
Un nouveau procès aura lieu le 16 avril au tribunal judiciaire de Fort-de-France. Le suspect s’est opposé, comme lui permet la loi, au jugement prononcé à son
encontre. Pour les surveillants
de prison qui avaient été menacés il y a 9 ans, et qui, pour la plupart sont toujours en poste, cette situation est particulièrement difficile à vivre. « Cet individu est considéré comme dangereux. Il est certes mis à l’isolement, mais ces surveillants n’ont pas été tués parce que Walter Perez Caruso leur avait demandé de leur laisser la vie sauve parce qu’il avait été traité correctement. Ces hommes auraient pu les abattre froidement devant le CHUM », soutient Maître Sutty. « Depuis 2016, ces agents sont en situation de stress post-traumatique à cause de ce qu’ils ont vécu. »

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