Haïti : Arrivée du chef de la Force de répression des gangs de l'ONU, le général mongol Erdenebat Batsuuri
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Haïti : Arrivée du chef de la Force de répression des gangs de l'ONU, le général mongol Erdenebat Batsuuri

Jacques Vilus
Erdenebat Batsuuri, le nouveau Général mongol de la Force de répression des gangs ou GSF [mission de l'ONU] est arrivé hier en Haïti
Erdenebat Batsuuri, le nouveau Général mongol de la Force de répression des gangs ou GSF [mission de l'ONU] est arrivé hier en Haïti • NATIONS UNIES

" L'arrivée à Port-au-Prince, ce jeudi 14 mai 2026, du général mongol Erdenebat Batsuuri marque une réorientation de l'intervention internationale. En prenant la tête de la nouvelle Force de répression des gangs (GSF), cet officier succède à la mission kényane (MSS), dont le bilan opérationnel est resté limité.

Jusqu'ici, la force internationale jouait presque un rôle de vigile défensif. Sous l'égide du général Batsuuri, la GSF s'appuie sur un mandat onusien considérablement élargi. La doctrine bascule : les troupes sont désormais autorisées à mener des opérations anti-gangs de manière autonome, en appui aux forces militaires et policières haïtiennes. Un changement de braquet imposé par la violence du terrain. L'alliance criminelle " Viv Ansanm " asphyxie la capitale et rançonne les axes provinciaux. De la Plaine du cul-de-sac à la région de l'Artibonite, les groupes armés dictent leur loi, provoquant une hémorragie humaine avec plus d'un million de déplacés internes selon les derniers pointages des Nations unies.

L'équation logistique, talon d'Achille du déploiement

Si le mandat politique est musclé, le déploiement des effectifs reste un défi majeur. En ce vendredi 15 mai 2026, la force de frappe réelle se limite à environ 800 hommes, fournis par le Salvador, le Guatemala et le Tchad. N'Djamena, premier contributeur actuel, promet de porter son contingent à 1 500 soldats d'ici juin. Mais l'objectif final de 5 500 personnels, espéré pour octobre 2026, ressemble encore à un mirage logistique. Pour piloter cette lente montée en puissance, l'ONU a déployé une nouvelle architecture diplomatique autour du général Batsuuri, intégrant le Sud-Africain Jack Christofides à la direction politique et l'Allemande Daniela Kroslak à l'intendance de l'UNSOH (United Nations Support Office in Haiti) est, pour schématiser, la " direction de l'intendance " des Nations unies sur le sol haïtien).

Affaiblir plutôt qu'éradiquer

Malgré ce changement de ton et le pedigree du nouveau commandant un ancien chef de l'armée de l'air mongole passé par l'Irak, le Soudan ou le Libéria, la communauté internationale fait preuve d'un réalisme froid quant à la finalité de l'opération. L'objectif assumé n'est pas d'éradiquer définitivement les réseaux criminels qui ont mis Haïti en coupe réglée, mais d'éroder leur capacité opérationnelle par une réduction progressive de leurs moyens d'action. L'enjeu est de restaurer un niveau de sécurité minimal pour permettre à la Police nationale d'Haïti de reprendre, à terme, le contrôle effectif du territoire.

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