Chlordécone et droits humains aux Antilles : que dit l'ONU ?
Les 22 et 23 septembre derniers, plusieurs avocats ont fait appel devant la cour d'appel de Paris du non-lieu rendu le 2 janvier 2023, dans l'affaire du chlordécone. Ce non-lieu a été basé sur le fait que les autorités ne savaient pas, à l'époque, combien le produit était dangereux pour la santé, et sur la prescription. Sabrina Cajoly, juriste, experte en droit international des droits humains et fondatrice de Kimbé rèd FWI a produit une "amicus curiae", une intervention tierce, dont des éléments qui émanent des Nations unies ont été repris par les avocats dans leurs plaidoiries. Le délibéré de l'appel sera connu le 23 mars 2026.
En tant qu'experte en droit international des droits humains, j'ai apporté le fruit de travaux que je portes bénévolement depuis 2020, au nom de Kimbé Rèd FWI. Cela a consisté en la saisine répétée de plusieurs branches des Nations Unies. Depuis 2021, plus d'une soixantaine d'experts - au travers de quatre branches différentes des Nations unies sur les droits humains - ont interpellé à huit reprises la France sur la question de l'eau potable en Guadeloupe et du chlordécone en Guadeloupe et Martinique, en pressant la France de reconnaître les responsabilités, dont la sienne, en tant qu'État et d'octroyer réparation et compensation donc indemnisation financière à toutes les victimes du chlordécone. Ce en utilisant la définition la plus large possible, non seulement pour les ouvriers et ouvrières malades et éligibles au fond d'indemnisation parce qu'ils ont été en contact avec les pesticides dans le cadre de leur travail, à l'époque, mais aussi tous leurs ayants-droits et surtout les 90 % de la population en moyenne affectés par le chlordécone en Guadeloupe et Martinique. Cela inclut notamment les femmes et les enfants qui sont souvent invisibilisés dans ce dossier alors qu'ils ont, surtout pour les femmes, été surexposés à l'impact du chlordécone sur leur santé. Ma contribution a visé à rappeler toutes ces...

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