1904 : fastueuse inauguration de la statue de Victor Schœlcher à Fort-de-France
Le vendredi 22 mai 2020, la statue de Victor Schœlcher située devant l'ancien palais de justice de Fort-de-France était déboulonnée par un groupe d'activistes. 116 ans plus tôt, ce monument avait été inauguré devant tous les élus, les corps constitués et une foule imposante, "tandis que le canon du fort Saint-Louis grondait dans le lointain", témoigne le journal « L'Opinion ».
Nous sommes le jeudi 22 septembre 1904, au cœur de la cérémonie d'inauguration de la statue de Victor Shœlcher sur la petite place Barré, devant le Palais de Justice de Fort-de-France inauguré, lui, sept ans plus tôt. Le maire de Fort-de-France, Victor Sévère, radical socialiste, prend la parole. Le journal « L'Opinion » du samedi 24 septembre 1904 raconte : « Chaque mot de son discours porte, et c'est sur un appel émouvant qu'il finit en demandant que l'on vienne demain sceller au pied de la statue l'apaisement des vieilles querelles et l'oubli des préjugés d'un autre âge ».
Ce "demain" n'a pas eu lieu. Le déboulonnage de cette statue de Victor Schœlcher, 116 ans plus tard, le vendredi 22 mai 2020 par des activistes RVN (Rouge Vert Noir) est venu percuter à contre-sens l'esprit d'une époque, où les Martiniquais et leurs élus rêvaient de passer du statut de colonie à celui de « département français » pour relever le niveau de vie dans l'île et atteindre celui des départements de la métropole. Les Fêtes du Tricentenaire du rattachement des Antilles et de la Guyane, quelques années plus tard, en 1935 (1), à l'initiative de parlementaires antillais, n'en seront en filigrane qu'une manifestation de revendication. Il faudra attendre l'après-guerre, en 1946, pour que leur rêve devienne réalité.
A cette époque, la révolte des esclaves à Saint-Pierre (2) le 22 mai 1848 et la décision du gouverneur Rostoland de proclamer l'abolition immédiate de l'esclavage le 23 mai, suite au décret du 27 avril 1848 signé à Paris (lire encadré page suivante) interdisant l'esclavage, est soit méconnue, soit délibérément ignorée.
Une chose est sûre : il faudra attendre l'étude de l'historien Armand Nicolas publiée en 1962 aux presses du journal communiste "Justice", sur « La révolution anti-esclavagiste de mai 1848 à la Martinique » pour que...

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