Une marche blanche pour Lucia
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KOUROU

Une marche blanche pour Lucia

Philippe CHAUVIN
La marche blanche se répand silencieusement dans la ville de Kourou. (PhCh)
La marche blanche se répand silencieusement dans la ville de Kourou. (PhCh)

La famille et les proches de Lucia-Evelyne Deel ont organisé une marche blanche et silencieuse sur les axes principaux de la ville de Kourou, samedi. Si « non à la violence » et « plus jamais ça » étaient les principaux slogans, la famille a aussi témoigné de l'insupportable attente.

Malgré ses difficultés à se déplacer, Rémilienne Compton tenait à être là au départ de la marche blanche, devant le domicile de Théodora et d'Amido, les parents de Lucia-Evelyne Deel. Elle veut témoigner : « Je suis femme et guyanaise. J'ai presque soixante ans et j'ai interrogé des gens plus âgés que moi. De mémoire d'anciens, nous n'avons jamais vu ça en Guyane. Chez nous, les femmes sont respectées. Les hommes savent qu'ils viennent de l'une d'entre elle. Évelyne était ma coiffeuse. Elle était douce et gentille. Pourquoi lui avoir fait tant de mal ? » . C'est la question que se pose Évelyne Jésina, la nièce de la victime, qui balaie d'une phrase l'hypothèse d'altération mentale du principal suspect : « Cet acte par sa complexité, la réflexion qu'il suppose, est un acte prémédité, fou mais réfléchi. Il est la conséquence d'une tentative d'emprise totale sur ma tante. » Elle décrit les souffrances d'une famille qui ne peut toujours pas débuter son deuil. « L'attente est insupportable. Ce sont les grandes vacances mais pour nous, c'est l'enfer. Nous pensons même demander l'aide d'un psychologue. Heureusement que nos proches, mais aussi des anonymes, nous soutiennent. Leur compassion nous permet de tenir. »
Devant le domicile des parents, au 5 rue Kermel à Kourou, ils sont une petite centaine au départ d'une marche blanche au cours de laquelle le défilé se renforce. Parmi les participants, Michel Pipa qui n'en revient toujours pas. Il a vécu pendant quelques mois dans cette maison accueillante de la rue Kermel avec la famille Deel et Jean-Luc Miatti. À cette époque rien ne prédisait l'horreur du fait-divers. « Jean-Luc était un camarade agréable. Nous avons passé de bons moments ensemble avant que je parte sur Cayenne. Quand j'ai appris ce qui s'était passé, je suis tombé des nues. » Une considération qui n'enlèvera rien à la peine de la famille de Lucia Deel : « Sans l'identification du corps, on ne peut même pas organiser les obsèques » , regrette Évelyne Jésina qui, comme ses parents, n'en peut plus d'attendre.

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