L'un des plus gros coups de filet contre la pêche illégale : un chalutier brésilien intercepté avec des cales très remplies
Ce n'est pas la tapouille habituelle... c'est la première fois qu'un chalutier brésilien est intercepté au large des côtes guyanaises. Les cales avaient rarement été aussi remplies.
On n'est pas loin d'un record. Le samedi 5 octobre dernier, le patrouilleur La Résolue a arraisonné, au large de Ouanary, un navire brésilien avec de très grosses quantités de poissons. Ce dernier en contenait 17,5 tonnes avec des espèces comprenant acoupas, machoirans, anguilles, raies, requins, soles, crevettes ou encore vivaneaux. Le bateau détenait également un impressionnant stock de 500 kg de vessies natatoires. À près de 175 euros/kilo pour la vessie natatoire de l'acoupa rouge, cela représenterait près de 87 000 euros.
"Les quantités sont astronomiques, c'est du jamais vu", commente Léonard Ragnauth, le président du comité des pêches de Guyane. Si le navire illégal avait les cales autant remplies, c'est aussi parce que ce n'est pas la tapouille habituelle. Il s'agissait d'un chalutier. Selon le comité des pêches et un autre observateur du milieu, ce pourrait être la première fois qu'un chalutier brésilien est intercepté dans les eaux guyanaises. Nous avons depuis obtenu la confirmation de cette information auprès des Forces armées en Guyane. Les pêcheurs guyanais avaient déjà rapporté des témoignages sur de tels navires étrangers, mais ils étaient plutôt vus de nuit pour passer sous les radars. Cette interception s'est déroulée de jour.
Léonard Ragnauth se félicite d'"un coup de filet majeur" mais il regrette que tous les poissons aient été rejetés en mer. "On réitère nos demandes pour que l'État multiplie les patrouilles au large."
Selon le Procureur de la république par intérim, Gisèle Auguste, "lors de cette opération, les manœuvres du capitaine du navire contrôlé ont gravement mis en péril la vie des militaires engagés. "
Le capitaine du navire doit être jugé ce vendredi après-midi en comparution immédiate au Larivot. Outre l'action de pêche illégale, il est accusé de refus d'obtempérer, de blessures involontaires, et de mise en danger de la vie d'autrui.
Enfin, selon nos informations, la taille et la composition du bateau de 24 mètres serait tellement importante que les services de l'État considèrent le vendre aux enchères plutôt que le détruire, ce qui serait trop couteux.
Selon un nouveau rapport, la pêche illégale a doublé en douze ans au large de nos côtes. Le rendement des navires illégaux serait jusqu'à quatre fois supérieur à celui des pêcheurs guyanais légaux. Soit un rappel qu'il ne faut pas non plus crier victoire, loin de là.

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