Léon Bertrand avec son avocat, hier matin à la cour d'appel de Fort-de-France (PYC)
Hier, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, au procès en appel de Léon Bertrand. Les juges rendront leur verdict le 2 octobre.
Jeudi soir, en terminant sa plaidoirie où il demandait la relaxe de Léon Bertrand, Me Varaut a promis des vacances laborieuses aux juges de la cour d'appel de Fort-de-France. Il leur a remis « trois cents pages de relevés de compte » du maire de Saint-Laurent, certain qu'elles laveront son client de tout soupçon. « Vous les lirez cet été pendant que nous serons à la plage. »
PLUS DE 30 000 EUROS DE POTS DE VIN SELON HILDENBRAND
Les juges se donneront même jusqu'au 2 octobre, pour rendre leur verdict dans l'affaire des marchés de la communauté de communes de l'ouest guyanais (CCOG). Voilà qui change du premier procès, où les condamnations étaient tombées après quatre heures de réflexion. Et voilà qui écarte tout soupçon que la décision ait été prise avant le début du procès.
Comme leurs confrères la veille, les avocats de Richard Cheung-A-Long, Jean Pradié et Guy Le Navennec ont plaidé la relaxe. Seule fausse note dans cet unanimisme, le chef d'entreprise Jacky Hildenbrand a répété qu'il avait versé des pots de vin aux proches de Léon Bertrand pour obtenir des marchés : 9 700 euros pour le centre multiservices de Maripasoula, 20 000 et 5 000 euros pour celui d'Awala-Yalimapo.
Selon Jean-Yves Marcault-Derouard, avocat de Jean Pradié, ces aveux, « faits au dernier moment de la garde à vue » , n'ont aucune valeur. Pour lui, l'enquête s'est contentée de reproduire les accusations initiales de José Félix, « le petit rapporteur, dont on sait qu'il avait toutes les raisons d'avoir des rancoeurs » contre Léon Bertrand.
Me Kelidjian, avocat de Guy Le Navennec, estime que « l'accusation n'a pas été en mesure de démonter un pacte de corruption. Alors elle s'est raccrochée à un pacte de proximité [...] Parce que ce sont des amis de vingt ans, on en tire la conclusion que Guy Le Navennec est un obligé de Léon Bertrand, un lieutenant [...]
Mais face aux déclarations (des chefs d'entreprise qui dénoncent la corruption), il n'y a pas d'éléments objectivés. » L'avocat saura dans trois mois si les juges partagent son avis.
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