C'est un appareil similaire à celui-ci, mais bleu-blanc-rouge, qui arrivera en Guyane dans les semaines à venir (DR)
Présent en Guyane la semaine dernière, Thierry Laurent est le chef des hélicoptères de la sécurité civile. Il explique le fonctionnement du futur appareil (1) .
Quand l'hélicoptère arrivera-t-il ?
Dans les délais fixés par le président de la République, à savoir à la fin du premier trimestre de cette année.
Combien de personnes seront affectées à l'appareil ?
Sept personnels : trois pilotes et quatre mécaniciens opérateurs de bord. Ces derniers assistent le pilote, manipulent le treuil et s'occupent des passagers à bord.
Quel est le budget alloué au fonctionnement de l'appareil en Guyane ?
Ce sont environ 600 heures de vol par an. Les dépenses en carburant suivront.
Où sera-t-il stationné ?
Il sera basé à Félix-Éboué, dans la partie civile de l'aéroport, dans une zone nouvelle, à côté des pompiers de l'aéroport.
Un bâtiment est-il prévu ?
On a fait le choix d'un hangar à structure métallique et recouvert de textile. Il sera climatisé. Les locaux seront des bâtiments modulaires dans l'attente d'une base en dur qui sera construite à moyen terme.
Moyen terme, ça veut dire le temps de débloquer les crédits et de lancer les appels d'offres. Mais attention! Ces locaux provisoires ne signifient pas un fonctionnement en mode dégradé.
Comment se passera le déclenchement de l'appareil sur les missions ? Qui décidera ?
Les pompiers, le Samu, le Cross (sauvetage en mer) et la DGAC (direction de l'aviation civile) seront habilités à déclencher l'hélicoptère. Mais ce sera toujours sous l'autorité du préfet.
Y a-t-il un risque qu'une mission soit refusée ?
Elle pourra l'être pour des problèmes techniques (appareil est en panne ou météorologiques uniquement). L'appréciation ultime est laissée à la commande de bord concernant ces deux aspects. Mais son appréciation ne portera pas sur l'utilité de la mission.
Le plafond nuageux est souvent très bas en Guyane. Cela risque-t-il de réduire les possibilités de vols ?
Tous nos pilotes sont qualifiés au vol aux instruments (quand la visibilité est mauvaise). Ils ont également tous l'habilitation de vol avec les jumelles de vision nocturne. Il faut savoir que cela concerne 20% de nos missions. Enfin, l'hélicoptère est doté de flottabilité. Cela ne veut pas dire qu'il peut se poser sur l'eau et redécoller. Mais en cas d'urgence, il pourra amerrir et le personnel aura le temps d'évacuer l'appareil avant qu'il ne coule.
Thierry Laurent.
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Le rayon d'action de l'hélicoptère sera-t-il adapté au département ?
Avec du matériel et du personnel, sa portée est de 600 km sans ravitaillement. Ça permet de couvrir l'ensemble de la Guyane s'il y a un passage au retour sur un des aérodromes pour faire le plein en carburant.
L'appareil est doté d'un treuil. Les pompiers sont-ils formés à son utilisation ?
On va organiser des formations avec le Sdis (service départemental d'incendie et de secours). Nous, nous ne ferons que le vecteur. On s'appuiera sur des secouristes et des médecins locaux. À terme, entre dix et vingt pompiers seront formés.
Ce qui signifie qu'il ne sera pas opérationnel tout de suite à son arrivée...
Il y aura effectivement un décalage entre l'arrivée de l'hélicoptère et son engagement sur des missions. Car il faut que le personnel soit formé à son nouvel environnement, rencontre les interlocuteurs, etc. Et puis il faut former les personnels locaux. Il faut compter entre un mois et un mois et demi pour que tous soient pleinement opérationnels. Mais les Guyanais verront rapidement voler l'hélicoptère lors des phases d'entraînement, qui sont très importantes.
L'hélico aux couleurs bleu-blanc-rouge, et pas rouge et jaune... c'est définitif ?
Oui, ce sera le cas.
Pouvez-vous assurer qu'il sera exclusivement dédié aux secours ?
Très clairement, il assurera des missions de secours, des missions d'entraînement et des missions de prévention dans les communes éloignées.
(1) Lire notre édition de vendredi dernier.
Bleu-blanc-rouge : l'UTG est contre
Dans une lettre ouverte adressée lundi à François Hollande, le syndicat UTG des pompiers a annoncé qu'il était contre un hélicoptère aux couleurs de la France alors que les autres appareils de la sécurité civile sont rouge et jaune. Et leur premier argument n'est pas celui qu'on pourrait croire. « L'approche d'un tel appareil (sur des sites d'orpaillage clandestin) peut être facilement la cible de malfrats qui verront arriver les forces de répression et les secours, sachant qu'ils sont en infraction. » Cette analyse, certains fonctionnaires de la préfecture la partagent. Ils redoutent que l'hélico soit confondu avec celui des gendarmes et puisse être mitraillé comme ce fut le cas à Dorlin en juin 2012. De son côté, la direction de la sécurité civile a déclaré que ce serait un aéronef tricolore, point final.
35 appareils en France
Le groupement des hélicoptères de la sécurité civile, ce sont trente-cinq appareils en France. Sur l'ensemble, deux seulement sont affectés en Outre-mer (un en Guadeloupe, un autre depuis peu en Martinique). Avec la Guyane, il y en aura bientôt trois. L'an dernier, les hélicos de la sécurité civile ont secouru 14 564 personnes. Le total des missions, entraînements compris, s'élevait à 15 500 heures.
Jusqu'ici, les appareils étaient peints en rouge et jaune. Mais le ministère de l'Intérieur a décidé de les repeindre aux couleurs de la France. Une façon sans doute de rappeler aux personnes secourues que c'est l'État qui finance ces appareils. Tous sont des EC-145, des appareils bimoteurs fabriqués par Eurocopter. Avoir une flotte monotype permet de faire des économies. L'appareil qui arrivera bientôt en Guyane n'est pas neuf mais est la conséquence du redéploiement de l'ensemble des appareils sur le territoire national. On ignore quel est le département (ou la région) qui a perdu son appareil au profit de la Guyane.
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