L'Église saisit la justice
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L'Église saisit la justice

Thomas FETROT
Le tribunal administratif va examiner ce matin les recours de l'Église catholique contre le conseil général (photo d'archives)
Le tribunal administratif va examiner ce matin les recours de l'Église catholique contre le conseil général (photo d'archives)

Le tribunal administratif va examiner ce matin les 28 dossiers de recours déposés par Monseigneur Lafont et le conseil d'administration de la mission catholique de Guyane. Autant de dossiers que de prêtres que le conseil général a décidé de ne plus rémunérer.

Monseigneur Lafont est un homme de parole. Dans le courant du mois de mai, quand il apprend que le président du conseil général, Alain Tien-Liong, a pris la décision de ne plus verser de rémunération aux prêtres de Guyane, l'évêque indique immédiatement qu'il entend contester cette décision devant la justice. Ce matin, le tribunal administratif va donc se pencher sur l'ensemble des recours déposés par le conseil d'administration de la mission catholique en Guyane. Vingt-huit dossiers sont inscrits au menu du jour. Autant que de prêtres désormais non-rémunérés par le Département.
La question du salaire des prêtres est depuis longtemps un sujet de discussion au sein du conseil général. Toutefois, les élus ont toujours abordé ce sujet sensible de la manière la plus discrète. Le poids de la communauté catholique, donc de l'électorat, dans le département ne pouvait être ni ignoré, ni contrarié. Depuis quelques années, la situation a visiblement changé. L'arrêt du versement d'une rémunération mensuelle aux prêtres a donc fait l'objet de plusieurs débats en assemblée départementale. Alain Tien-Liong a repoussé à plusieurs reprises l'échéance. Néanmoins, en mai, il a tranché. Dans le vif.
À l'annonce de la décision, Monseigneur Lafont a qualifié le choix du président Tien-Liong « d'inélégant et de pas très juste » vis-à-vis des prêtres.
SÉPARATION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT
Ce matin, c'est essentiellement sur l'aspect juridique de cette décision subite que va se prononcer le tribunal administratif. Les prêtres, qui bénéficient du statut de salariés de catégorie B (soit un salaire de 1 500 euros par mois) ont été brutalement privés de revenus. Or, même si ce dispositif s'avère une évidente anomalie au sein de la République française (le Département est le seul à rémunérer les prêtres, malgré la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905, car en Alsace-Moselle c'est l'État qui s'acquitte du versement des salaires), rien n'indique que cette décision subite du conseil général soit légalement recevable. L'audience doit débuter à 10 heures.

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