La vérité sur le 10ᵉ homicide de l’année
10 homicides ont été commis sur le territoire guyanais depuis le début de l’année 2023. Pourtant, rien n’avait encore été écrit sur l’un d’entre eux, commis en forêt, vraisemblablement dans le cadre de l’orpaillage illégal. Son corps n’a pas encore été retrouvé.
Après les 47 homicides de l’année 2022, l’année 2023 est repartie sur des bases criminelles élevées. C’est la commune de Matoury qui affiche de loin le pire bilan avec déjà 6 homicides commis en 2023. 4 d’entre eux ont été commis sur le seul quartier de Balata.
Dans l’ordre chronologique, c’est le SDF Ti Pié, favorablement connu du quartier qui avait été retrouvé éventré dans sa voiture le 6 janvier. Le 19 janvier, c’est un fugitif guyanien nommé Edward Skeete, qui est abattu en plein jour alors qu’il se trouvait sur son scooter, sur la voie publique. Par le passé, l’homme qui se faisait appeler Pretty Boy, avait notamment été inculpé dans deux affaires de meurtre dans son pays. Skeete avait échappé ensuite à de nombreuses fusillades et tentatives d’assassinat, dont deux en 2020. Le 27 janvier, un autre Guyanien est abattu par balle. Il se trouvait à proximité du point de deal du secteur « La Montagne ». Ses jours prennent fin lorsqu'une voiture s’approche et l’un des occupants lui tire dessus à bout portant au moins deux fois. Enfin le 24 février, c'est une femme qui a perdu la vie des suites de ses blessures par balles dans le quartier.
Les deux autres commis sur la commune de Matoury remontent au 2 février à la Zone Terca, et à Cogneau-Lamirande, le 14 février. Ce dernier avait particulièrement attiré l’attention par le mode opératoire impressionnant pour abattre celui qui est le fils de la gérante du restaurant Grillados à Cayenne.
En zone police nationale, à Cayenne, deux homicides ont été commis. Un premier le 22 janvier dans le quartier Texas. Le deuxième, un agent de la ville de Cayenne aux affaires scolaires, est lui abattu d’une « quinzaine de balles, majoritairement dans le dos » le 19 février.
Il reste enfin l’homme tué par balle dans le quartier Vampires de Saint-Laurent du Maroni le 23 février dernier. Le tireur s’était rendu le lendemain aux forces de l’ordre.
Un dernier manque au décompte. On comprend en multipliant les appels qu'il s'est déroulé « en forêt, dans le cadre de l’orpaillage illégal. » Mais ce n’est pas si simple. « Des témoignages et des renseignements laissent à penser raisonnablement qu’il y a eu un homicide, mais on n’a pas forcément de localisation exacte, ni même de découverte de corps », nous confie un haut gradé de la gendarmerie de Guyane. Une enquête a été ouverte sur ce fait commis « en tout début d’année. »
En soi, le décès ne pourra qu’être entièrement confirmé si le corps est retrouvé. Mais à l’heure actuelle, il figure quand même bien dans les statistiques de la gendarmerie depuis le début de l’année. On nous a en effet confirmé par mail cette semaine que 8 homicides ont été commis sur leur zone depuis le début de 2023.
Le facteur de l’inconnu sur les homicides commis en foret dans le milieu garimpeiros est « assez fréquent ». Cela peut parfois expliquer la différence entre les faits dont on parle dans les médias et le total réel d’homicides communiqué en fin d’année. Il arrive parfois aussi que des orpailleurs morts arrivent empaquetés par pirogue, comme cela a été le cas par le passé au dégrad de Petit-Saut, nous indique-t-on. Le groupe foret de la section de recherches est celui chargé de ces enquêtes délicates.
On se rappelle l'année dernière de l'enquête qui a suivi le quintuple meurtre de Dorlin. Quatre suspects dans cette affaire, actuellement en détention provisoire, seront d'ailleurs jugés cette année.

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