Pour sa vingt-troisième comparution devant les juges, hier après midi, Rosita a été condamnée à une peine de prison. Son avocat, qui a plaidé l'irresponsabilité mentale, a interjeté appel.
Rosita est une habituée des comparutions immédiates. Agée de 39 ans SDF elle est bien connue à Cayenne et Saint-Laurent du Maroni pour ses différents petits larcins. Son casier judiciaire qui tient sur 9 pages comporte 22 condamnations! Cette fois elle comparaît pour « vol avec dégradation en récidive » commis le 23 mars à Saint-Laurent. Les gendarmes l'ont surprise à 5 heures du matin allongée dans une voiture mangeant des pastilles. La porte du véhicule avait été pliée et le contenu du vide-poches éparpillé. À la barre elle reconnaît « avoir pris les bonbons » dans le véhicule puis explique qu'elle avait mal au ventre et pensait que c'était des médicaments... Toxicomane depuis l'âge de 13 ans les expertises psychiatriques et psychologiques évoquent « une déchéance mentale » « d'importants troubles de la personnalité » « une perte de repères » et « une désocialisation » . Une présentation que l'intéressée commente en concluant : « Te ne peux pas me comporter comme vous le souhaitez! » Pour le procureur la difficulté n'est pas sur la culpabilité mais sur la réponse pénale à apporter. Il regrette que les experts ne se soient pas prononcés clairement sur la responsabilité de la prévenue. « Où est sa place ? » s'interroge-t-il.
En attendant « une nouvelle expertise qui décidera peut-être d'un placement en psychiatrie » il requiert 18 mois de prison dont 9 avec sursis avec mise à l'épreuve et un suivi psychiatrique.
« La place des fous ce n'est pas en prison » affirme Me Maurice Chow Chine qui reprend en détail l'expertise psychiatrique mettant l'accent sur tous les termes évoquant l'irresponsabilité mentale de sa cliente : « Pour moi le tribunal n'est pas compétent. C'est un problème d'ordre médical et psychiatrique! »
Finalement même si le tribunal reconnaît que Rosita Doorson n'est pas totalement responsable elle est condamnée à six mois de prison avec maintien en détention. À l'énoncé de cette condamnation Me Maurice Chow Chine décide d'interjeter appel de ce jugement.
Édition spéciale : Rétro 2025
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