Garimpeiro tué : le gendarme était en légitime défense
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
CAMOPI

Garimpeiro tué : le gendarme était en légitime défense

Sébastien ROSELÉ
Le village brésilien de Vila Brasil, vu de Camopi. C'est là que vivait l'homme qui a été tué (photo d'archives SR)
Le village brésilien de Vila Brasil, vu de Camopi. C'est là que vivait l'homme qui a été tué (photo d'archives SR)

Le procureur, après enquête, a considéré que le militaire n'avait eu d'autre choix que de tirer pour se protéger. Les faits s'étaient produits en juin (1) .

L'enquête est terminée. Et elle a conclu à la légitime défense. Le gendarme mobile qui a tué un Brésilien en juin dernier l'a fait car « il pouvait raisonnablement penser qu'il était en danger de mort » , explique le procureur de la République de Cayenne, Ivan Auriel.
Les faits remontent à la nuit du 19 au 20 juin. Sur une crique à 1 km du bourg de Camopi, les gendarmes voient dans le faisceau de leur lampe une pirogue pleine de marchandises destinées aux sites d'orpaillage situés en amont. Un piroguier français et un takariste brésilien (celui qui la guide, placé à l'avant), sont dessus. Les gendarmes la prennent en chasse.
La pirogue poursuivie fait un demi-tour et se place tout contre la rive. La vague déséquilibre l'embarcation des militaires. Les trois gendarmes et leur piroguier amérindien se retrouvent à l'eau. Celui qui était aux commandes du bateau plein de marchandises prend la fuite à pied. Il ne reste plus que le takariste.
Un des gendarmes à l'eau tente d'escalader la pirogue. Mais le takariste sort un fusil de chasse un coup et met en joue le militaire. Ce dernier replonge dans la crique. Un de ses collègues tire une première fois pour calmer les ardeurs du takariste. Le gendarme qui avait tenté de grimper dans la pirogue, alors dans l'eau, tire un coup de feu avec son pistolet. C'est le deuxième et dernier coup de feu qui sera tiré cette nuit-là.
Si la première balle n'atteint personne, la seconde se loge dans la tête du Brésilien. Antonio De Santila Lima, qui avait 37 ans, meurt sur le coup. Ce décès avait engendré, à l'époque, des remous de part et d'autres de l'Oyapock. Certains Brésiliens s'étaient montrés menaçants à l'égard des Français et les autorités craignaient que cela dégénère. Pour le procureur, la légitime défense ne fait pas de doute même si le fusil du Brésilien n'était pas chargé. « Les gendarmes ne le savaient pas. Le takariste avait manifesté la volonté de tirer. » Pour le magistrat, le gendarme « n'avait pas l'intention de tuer le takariste » . Le chef du parquet a rédigé deux lettres. Une destinée au général des gendarmes de Guyane pour lui annoncer ce classement sans suites, décidé en septembre dernier. Une autre destinée à la famille du défunt qui a été transmise par les gendarmes départementaux basés à Camopi. « C'est un courrier où je justifie ma décision et où j'explique que la famille a la possibilité de déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès d'un juge d'instruction. » Dans ce cas, une information judiciaire serait ouverte et l'enquête ne serait plus dirigée par le parquet.
(1) Lire notre édition du 22 juin.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger