Comment inciter les possesseurs d'armes à feu à s'en débarrasser ? Tout simplement en les invitant à venir les déposer en gendarmerie ou à la police. C'est le principe de l'opération « Déposez les armes » qui sera lancée le 1er mai, pour deux mois. Bien sûr, ce n'est pas si simple et personne ne peut présager des résultats. Pour preuve, la Guadeloupe et la Martinique, qui ont toutes deux déjà mené cette opération, ont des bilans bien différents. Il est très mitigé en Guadeloupe alors que le succès rencontré en Martinique, avec près de 500 armes récoltées, a poussé la préfecture à reconduire le dispositif. UNE MÉCONNAISSANCE DU DANGER
En Guyane, l'État compte sur une prise de conscience de la population quant à la dangerosité des armes à feu. « Certains porteurs d'armes les gardent montées et chargées à leur domicile ou dehors » , s'inquiète le procureur Yvan Auriel. De son côté, le préfet Éric Spitz insiste sur la méconnaissance de ces armes. Il rappelle la mort du jeune homme mortellement touché par une balle perdue fin 2013 à Bourda et la blessure à la tête du professeur du collège Paul-Kapel. « On est dans le même cas de figure. Quelqu'un tire à plusieurs centaines de mètres sans percevoir la dangerosité de son arme, sans connaître sa portée. » APRÈS LA PRÉVENTION, LA RÉPRESSION
Pour le colonel Bruno Phalippou, numéro 2 de la gendarmerie, l'incitation doit aussi venir de l'entourage : « Il y a une montée en puissance très inquiétante au niveau de la jeunesse. Pour toucher ces jeunes, il faut l'implication des parents et des grands frères qui sont parfois aussi passés par la violence. » Ce sera donc auprès de la gendarmerie et, à Cayenne, de la police qu'il faudra déposer les armes. En échange, les déposeurs ne risquent aucune sanction pour détention illégale d'arme. Mieux, le préfet s'y est engagé : « Les personnes en situation illégale qui rendront leurs armes ne seront pas interpellées pour reconduite à la frontière. » Les armes, elles, seront stockées avant d'être détruites par la brigade de déminage du CSG. Passé le 30 juin, l'État annonce déjà qu'il sévira. « On va mettre en place une politique de saisie avec une multiplication des contrôles, notamment dans les coffres des voitures » , prévient le procureur de la République. « Il n'y a aucune raison de se balader avec une arme en ville, ni arme à feu, ni arme blanche. » Les sabres et autres coutelas sont donc aussi concernés.
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