Démolition du squat de la Mâtine : 743 personnes délogées
Le projet d’aménagement urbain qui prévoit un parcours de santé, une place publique et un espace d’expression culturelle envisagé par la municipalité sur le terrain du quartier Leblond, lieu-dit la Mâtine, devrait voir le jour dans les prochains mois. Le squat a été démoli hier matin.
La démolition, hier, du squat de la Mâtine, vieux de plus de quarante ans, permet à Marie-Laure Phinéra-Horth, maire de Cayenne, de gagner un premier combat dans l’objectif qu’elle s’est fixé d’éradiquer les lieux d’habitats illégaux qui se sont implantés dans la ville capitale : « Il s’agit d’un enjeu important, celui de rendre la tranquillité et la sécurité publique aux habitants du quartier Leblond, victimes des dommages collatéraux liés à ces types d’occupations illicites et précaires comprenant, entre autres, agressions, vols, nuisances environnementales, danger de mort par électrocution et incendies. Nous sommes dans un État de droit, force doit rester à la loi. Il s’agit d’occupants sans droits ni titres, installés dans une zone inondable et insalubre », a rappelé le maire de Cayenne pour justifier son action.
Des mesures d’urgences
Pour cette opération de reconquête territoriale d’une dimension hors norme, qui a nécéssité plus de trois ans de travail entre l’État et le maire de Cayenne, l’enquête sociale a recensés 299 familles soit 743 personnes. Vingt-trois familles soit 87 personnes seront relogées. Par ailleurs, 36 familles soit 136 personnes sont éligibles au centre d’hébergement des Jardins de l’union, à Cayenne. Quatre-vingt quinze familles feront l’objet d’une mesure d’hébergement d’urgence.
Sur le volet de la démolition, la municipalité a bénéficié du dispositif rendu possible par la loi Élan.
Hier, lors d’une visite sur le chantier de la démolition, Marie-Laure Phinéra-Horth a remercié l’ancien préfet Patrice Faure qui s’est engagé au cours d’une réunion de travail le 9 octobre 2017 à traiter le sujet de l’évacuation du squat la Mâtine/Leblond.
Sur le terrain, le maire était accompagné du président du Samu social, du secrétaire général de la préfecture, du directeur de la police municipale et du directeur départemental de la sécurité publique.
Des containers garde-meubles ont été mis à la disposition des personnes délogées en attendant qu’elles trouvent un nouveau logement.
En fin de matinée, les autorités ont demandé l’intervention des pompiers car des individus certainement mécontents de se faire déloger ont volontairement mis le feu aux baraquements.
Un site sous surveillance
Les 25 soldats du feu engagés ont pu empêcher la propagation du des flammes dans le secteur de Palétuviers et des maisons environnantes. Plus de 100 baraques ont été détruites.
Cette opération a mobilisé 60 fonctionnaires de la police nationale, 25 agents de la police municipale, une vingtaine d’agents du CCAS et des services sociaux, une cinquantaine de gendarmes mobiles et dix fonctionnaires de la Paf.
Six étrangers en situation irrégulière ont été interpellés.
En fin d’après-midi, 80 % de la démolition avait été effectuée. Les travaux vont se poursuivre ce matin.
Dans la nuit, pour sécuriser le site, la police nationale et municipale devaient organiser des patrouilles.
Bernard DORDONNE
Démolition squat Leblond / la Matine
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Démolition squat Leblond / la Matine
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Démolition squat Leblond / la Matine
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Démolition squat Leblond / la Matine
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Plus de 743 personnes squattaient le site Leblond la Matine
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