Samedi vers 5 heures, un automobiliste qui sortait de la boîte de nuit située en face du commissariat de police a perdu le contrôle de son véhicule et a terminé sa course en plein milieu du rond-point Leblond. Une patrouille avec trois policiers est intervenue en même temps que les pompiers. Le conducteur, blessé à la tête lors de l'accident, s'est montré agressif envers les secours. Une deuxième patrouille avec deux policiers est venue en renfort. Entre-temps, le conducteur a téléphoné à ses camarades qui étaient encore dans la boîte de nuit. Un des policiers lui a demandé de le suivre. Le conducteur lui a asséné deux coups de poing. Au moment où les policiers ont tenté d'interpeller le conducteur, une vingtaine d'individus se sont jetés sur eux. Malgré les coups de poing et de pied qui pleuvaient, les policiers ont réussi à mettre les menottes à l'irascible et à l'embarquer dans leur véhicule pour le conduire au commissariat. Les pompiers sont intervenus au commissariat pour conduire le conducteur de 26 ans à l'hôpital ainsi que les cinq policiers qui souffraient de côtes cassées, d'une fêlure de l'os au bras et d'hématomes sur plusieurs parties du corps dont le visage. Le commissaire de police Olivier Le Cardinal, directeur départemental de la sécurité publique, s'est rendu au chevet des policiers blessés samedi matin. Il a déploré ce comportement agressif et le manque d'actes de civilité des concitoyens : « J'ai des fonctionnaires courageux et très professionnels car dans cette intervention compliquée, ils ont réussi à interpeller l'individu qui est à l'origine de l'agression. Les autres agresseurs sont recherchés pour répondre de leurs faits devant la justice. » Selon les premiers éléments de l'enquête, le conducteur était en état d'ivresse. RÉACTIONS - « Des fonctionnaires exemplaires »
Le syndicat Alliance police nationale dénonce dans un communiqué « la violence gratuite envers les représentants des forces de l'ordre qui intervenaient sur une action banale » . « Nous réclamons depuis plusieurs années la création d'une brigade canine et d'un groupe d'appui de nuit » , affirme-t-il. Le syndicat Unité SGP Police FO se dit, lui, « indigné » et « terriblement en colère » . Les victimes sont, selon le secrétaire général du syndicat Daniel Achoun, « exemplaires et courageux » et « ne doivent leur salut qu'au sang-froid et professionnalisme dont ils ont fait preuve » . Le syndicat dénonce « cette multiplication d'actes d'incivilités, de plus en plus graves, corollaire d'un manque criant d'effectifs et de moyens » . Unité SGP Police FO réclame au plus vite des états généraux de la sécurité publique » .
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