Chavirage d'une pirogue sur le Maroni : le quatrième enfant retrouvé sans vie
La pirogue transportant une vingtaine de personnes s'était renversée samedi après-midi dans le secteur de Grand-Santi. Les corps sans vie des quatre frères et soeurs qui n'avaient pas réussi à rejoindre le rivage ont désormais tous été retrouvés.
C'est la tragédie qui aura marqué ce week-end de Noël en Guyane. Le terrible accident est survenu samedi 23 décembre, entre 14 h et 16 h. Une pirogue transportant une vingtaine de personnes a chaviré sur le Maroni, lors du passage du saut Poli Goudou, dans le secteur de Grand-Santi.
Parmi les passagers, quatre n'arrivent pas à s'extirper des flots. Ce sont quatre enfants, tous frères et sœurs. Ils sont d'abord portés disparus. Les opérations de recherches prennent du temps à se lancer. Ce sera finalement le dimanche 24 décembre que les piroguiers du fleuve et les services de l'État s'activent. Trois corps sont successivement retrouvés au cours de cette journée.
Un quatrième corps d'enfant, le dernier, a été retrouvé le lendemain, ce lundi 25 décembre vers 13 heures, confirme le maire de Grand-Santi, Félix Dada.
La gendarmerie a annoncé qu'une enquête va être menée pour homicide involontaire afin de déterminer les circonstances de l'accident.
Il semblerait qu'au moins une grande partie des passagers ne portaient pas de gilet de sauvetage. La pirogue partait de Maripasoula, d'où les disparus sont originaires, et se dirigeait "vers Saint-Laurent ou Albina", expliquait le maire de la commune dimanche.
Les réactions à ce drame se sont également suivies tout au long du week-end.
Pour le collectif Apachi, qui lutte sans cesse contre l'enclavement, cette "tragédie sans nom", est une manière de rappeler que "l'enclavement est une cause de mortalité certaine en Guyane." "Ce territoire est un cimetière confiné", ajoute le président du collectif, Philippe Dekon.
Par le biais de son président, Michel Ange Jérémie, l'Association des maires de Guyane déclare : "Cette tragédie doit collectivement nous interpeller et nous fédérer avec force afin de proposer d’autres modes de transport plus sécurisés aux habitants des communes « enclavées ». La route du désenclavement devient à n’en pas douter une impérieuse nécessité."
Pour le parti politique MDES : "Cet événement dramatique met en relief une fois de plus la situation inadmissible que connait la Guyane enclavée."
Enfin, la préfecture de Guyane a assuré : "Tous les enseignements de cet accident dramatique devront être tirés pour améliorer la sécurité des déplacements sur le fleuve."

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